Alzheimer : le traitement lecanemab prometteur, mais trop risqué
Des chercheurs japonais développent un traitement prometteur pour lutter contre le déclin cognitif lié à la maladie d'Alzheimer sur la base des travaux du labo américain Biogen. Mais ce dernier est malheureusement vecteur de graves effets indésirables.
Bien que courante, la maladie d’Alzheimer fait partie des pathologies pour lesquelles il n’existe pas encore de traitement. Logiquement, tous les espoirs des malades sont tournés vers la recherche médicale dans l’espoir d’enfin pouvoir une maladie marquée notamment part un important déclin cognitif.
Une étude menée par des scientifiques japonais offre des résultats très prometteurs en la matière, même s’ils sont encore très loin d’aboutir à un traitement fiable.
Déclin cognitif réduit
Les résultats de la recherche menée par les scientifiques du laboratoire japonais Eisai, qui se sont eux-mêmes basé sur un médicament développé par la firme américaine Biogen, ont été publiés dans la revue scientifique New England Journal of Medicine. Le médicament de Biogen avait été une première fois autorisé par l’Agence du médicament américaine, car il permettait de réduire le déclin cognitif chez les patients, mais ce dernier a finalement été soumis à des restrictions.
Les deux laboratoires ont donc poursuivi les essais de cette molécule, aujourd’hui baptisé Iecanemab sur près 1800 patients et ont obtenu des résultats prometteurs sur le déclin cognitif. En effet, les chercheurs ont constaté un déficit 27 % moins important en moyenne. Malgré tout, ce bénéfice est loin de combler les nombreux effets secondaires du traitement.
Effets indésirables dangereux
En effet, lors de l’étude, les chercheurs ont relevé des nombreux effets indésirables parfois très graves. 17,3 % des patients de l’étude ont développé des hémorragies cérébrales (contre 9 % chez le groupe placebo) et 12,6 % ont été atteints par un œdème cérébral (1,7 % dans le groupe placebo). Aussi, le traitement n’a pas permis de faire chuter la mortalité de manière significative. Aussi, en l’état, le traitement implique de nombreuses contraintes comme des injections et des scanners fréquents.
Bloquer certaines protéines
Rappelons que la maladie d’Alzheimer est causée par l’accumulation anormale de deux protéines dans le cerveau : « tau » et « bêta-amyloïde ». C’est cette seconde protéine que le traitement Iecanemab tente de cibler. Si nous sommes encore loin d’un médicament efficace et sans risque, chaque avancée dans le domaine, comme cette découverte de chercheurs Français et Néerlandais, est un petit pas de plus et un espoir supplémentaire pour les malades.