Seine-Saint-Denis : une collégienne met le feu aux cheveux d’une assistante d’éducation
Vendredi à Drançy, en Seine-Saint-Denis, une élève de 4e a mis le feu aux cheveux d'une assistante d'éducation. Un geste qui, s'il n'a pas physiquement blessé la victime, a motivé ses collègues à se mettre en grève.
Les faits se sont produits vendredi en début d’après-midi au collège Jorissen, à Drancy (Seine-Saint-Denis). Une élève de 4e a mis le feu aux cheveux d’une assistante d’éducation à l’aide d’un briquet.
Il était aux alentours de 13h30, rapporte Le Parisien, et les assistants d’éducation faisaient remonter les élèves dans leurs classes respectives. C’est alors qu’une collégienne a sorti un briquet. Pauline Godbillot, enseignante d’histoire-géographie et représentante locale du SNES, témoigne : « Elle ne fait pas partie des plus sages, mais ce n’est pas une élève qui pose problème. Quand elle a vu que les flammes commençaient à prendre et que cela sentait le brûlé, elle a stoppé le feu avec ses mains ».
Assistante d’éducation brûlée : 25 conseils de discipline depuis début 2019
L’élève a ensuite été suspendue avant de passer devant le conseil de discipline. L’assistante d’éducation n’a pas porté plainte. Les enseignants de l’établissement ont quant à eux choisi de se mettre en grève, reconductible, pour protester contre le manque de moyens. « Ça fait plus de deux ans que le climat scolaire se dégrade. Depuis le début de l’année, il y a eu 25 conseils de discipline, avec une bonne moitié d’élèves qui ont été exclus. C’est du jamais-vu », déplore Pauline.
Plusieurs départs de feu volontaires avaient été observés début décembre dans ce collège, et des appels à acheter de l’alcool à brûler relevés dans un groupe Snapchat d’une trentaine d’élèves.
Des enseignants entrés dans une grève reconductible
Lundi après-midi, ils étaient une quarantaine d’enseignants et d’assistants d’éducation à avoir fait le déplacement à Bobigny pour remettre un courrier à la direction académique de Seine-Saint-Denis. « Nous demandons des moyens supplémentaires depuis longtemps et nous ne sommes pas du tout entendus », indique l’enseignante d’histoire-géographie.
Une CPE du collège, classé en réseau d’éducation prioritaire (REP), confirme que « le climat est assez délétère. Il est très compliqué d’entrer en communication avec les élèves, de construire un rapport de confiance avec eux, car il y a une violence assez permanente, qu’elle soit verbale ou physique. » La direction académique a fait savoir que les enseignants seront reçus en audience mercredi.