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Paris : les buralistes accusés de vendre du tabac aux mineurs

Santé > Paris > Tabac
Par Jérôme Nelra,  publié le 19 octobre 2016 à 14h35, modifié le 19 octobre 2016 à 14h44.

Il semble inutile de rappeler que la vente de tabac aux mineurs est illégale. Pourtant, un pneumologue publie une étude qui pointe du doigt les buralistes parisiens.

Certes, personne n’apprendra à la lecture de cet article que les mineurs achètent des cigarettes dans les bureaux de tabac, quand bien même les buralistes n’en ont absolument pas le droit.

Mais le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, voulait en avoir le coeur net.

Plus de 13.500 jeunes interrogés

Depuis 25 ans, l’association Paris sans tabac, dont le Pr Dautzenberg fait partie, questionne les habitudes des collégiens et lycéens parisiens. Dans un premier temps, l’étude publiée dans la Revue des maladies respiratoires détaille les populations interrogées :  7.025 collégiens (12 à 15 ans), 3.299 lycéens mineurs (16 et 17 ans) et 3.243 lycéens majeurs. Soit, plus de 10.000 mineurs. Les collégiens sont 3,2% à fumer chaque jour, un taux qui grimpe à 19% pour les lycéens mineurs.

Et c’est là les buralistes interviennent. Comme le révèle l’étude, « 90,7% répondaient avoir acheté leur tabac chez le buraliste. Cet achat concernait 74,6% des 12–15 ans, 92% des 16–17 ans et 94% des 18–19 ans« .

La riposte des buralistes

Et ce n’est pas tout, puisque l’étude indique encore : « Avoir acheté du tabac avant 12 ans chez un buraliste était associé à un score de dépendance à 16–17 ans élevé comparé à ceux qui n’avaient acheté chez un buraliste qu’après 15 ans ».

Au mois de mai de l’année dernière, Bertrand Dautzenberg avait communiqué sur de tels faits sans pour autant les publier au préalable dans une revue scientifique. Ce qui lui avait valu un procès intenté par la confédération des buralistes. Ces derniers arguaient du fait que les jeunes interrogés devaient se fournir en tabac sur Internet, puis affirmaient le contraire auprès des enquêteurs afin de protéger cette façon de s’approvisionner. La justice doit statuer sur cette plainte le 30 novembre prochain, 55.000 euros étant réclamés au Pr Dautzenberg.

Le Récap
  • Plus de 13.500 jeunes interrogés
  • La riposte des buralistes
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