Bug à la CPAM : des assurés sans revenu, le logiciel stoppé

Image d'illustration. Médecin généraliste en consultationADN
En Loire-Atlantique et en Vendée, le logiciel Arpège bloque des indemnisations à la CPAM. Une retraitée dit avoir perdu jusqu’à 12 000 euros.
En bref
- Arpège bloque des dossiers CPAM
- Des assurés perdent leurs revenus
- Le déploiement national est reporté
La panne ne se limite pas à un dossier mal traité. En Loire-Atlantique et en Vendée, les deux territoires choisis pour tester le logiciel Arpège, la CPAM concentre à elle seule un quart des réclamations recensées au niveau national. Ce qui devait simplifier la gestion des dossiers de santé a produit l’inverse, avec des versements bloqués et des assurés sans visibilité.
Deux départements tests devenus le point de rupture
Le gouvernement a fini par freiner. La généralisation d’Arpège au reste du pays a été repoussée à 2026, après les dysfonctionnements observés dans les zones pilotes. L’idée est de corriger le programme avant d’étendre le dispositif.
Mais pour les assurés déjà pris dans la machine, cela ne règle rien à court terme. Des milliers de dossiers restent coincés, sans solution immédiate. Et l’ancienne interface, maintenue ailleurs pour assurer un minimum de continuité, n’aide pas ceux qui subissent déjà le nouveau système.
Une retraitée contrainte de vivre sur ses économies
Le cas le plus frappant vient d’une habitante de Loire-Atlantique. Hospitalisée pour un burn-out puis reconnue en maladie professionnelle, elle n’a plus touché ses indemnités journalières depuis la mi-novembre.
Résultat ? Pour payer l’essentiel, elle a puisé dans son épargne. Entre 10 000 et 12 000 euros auraient ainsi disparu, selon son récit. La scène est brutale, mais elle dit quelque chose de très concret sur les bugs administratifs, quand ils touchent des revenus vitaux.
Des droits gelés en cascade, jusqu’aux prévoyances
Le problème ne s’arrête pas au versement principal. Sans attestation officielle de paiement fournie par l’assurance maladie, certains assurés ne peuvent plus solliciter leurs organismes complémentaires.
Du coup, la prévoyance d’entreprise peut, elle aussi, se retrouver suspendue. Un document manque, puis tout se bloque. C’est le genre de détail technique qui, vu de loin, paraît secondaire. Pour les personnes malades, il pèse chaque mois sur le budget.
Des agents débordés et un rejet interne du logiciel
Dans les accueils, les agents se retrouvent en première ligne. La source décrit des personnels impuissants face aux pleurs d’assurés, avec des rendez-vous annulés au dernier moment et l’impossibilité de délivrer les attestations attendues.
La crise a aussi une dimension institutionnelle. La Défenseure des droits a été saisie, tandis que des députés locaux font pression pour accélérer les recours. En interne, les équipes de la Sécurité sociale jugent l’ergonomie d’Arpège mauvaise et son fonctionnement instable. Les syndicats, eux, demandent carrément l’abandon de cette mise à jour. Quand un outil censé fluidifier le service finit rejeté à la fois par les usagers et par ceux qui l’utilisent, c’est rarement un simple retard de rodage.