Harry Potter : le film que Steven Spielberg a laissé tomber

Image d'illustration. Harry PotterWarner Bros. Pictures / PR-ADN
Steven Spielberg a confirmé avoir abandonné Harry Potter alors qu’il devait le réaliser. En cause, une promesse faite à Stanley Kubrick pour A.I.
En bref
- Steven Spielberg explique qu’il devait initialement réaliser un film Harry Potter, avant d’y renoncer.
- Il abandonne finalement ce projet pour reprendre et réaliser A.I. Artificial Intelligence, à la demande de la famille de Stanley Kubrick après sa mort.
- Les deux films sortent à quelques mois d’écart et incarnent deux visions opposées, tandis que A.I. devient avec le temps une œuvre culte et déterminante dans la carrière de Steven Spielberg.
Steven Spielberg assure aujourd’hui qu’il était bien prévu à la réalisation du premier Harry Potter. Et non, ce n’était pas un simple contact un peu flou avec Warner Bros. Pictures. Le cinéaste explique qu’il a finalement quitté le projet pour tenir un engagement beaucoup plus personnel, à savoir reprendre A.I. Artificial Intelligence après la mort de Stanley Kubrick.
Harry Potter à la sauce Steven Spielberg
À la fin des années 1990, l’idée d’un film Harry Potter mis en scène par Steven Spielberg faisait déjà beaucoup parler. Le livre était devenu un phénomène culturel massif, et le réalisateur affirme désormais qu’il devait en faire son prochain film. Bon, ça change un peu la lecture du dossier, parce que cela montre qu’il était plus engagé sur le projet qu’on ne l’avait longtemps cru.
Dans son échange avec TCM, mené alors qu’il faisait la promo de son retour à la science-fiction avec Disclosure Day, il raconte avoir tout simplement abandonné ce très gros morceau alors même qu’il était programmé pour lui.
La promesse faite à Stanley Kubrick a tout changé
Le vrai point de bascule, selon lui, c’est la disparition de Stanley Kubrick. Steven Spielberg explique qu’après les obsèques organisées chez le cinéaste, Christiane Kubrick et son frère Jan Harlan l’ont approché pour reprendre le long développement de A.I. Artificial Intelligence, comme Stanley Kubrick l’avait envisagé.
Il résume ce moment ainsi : « Après la mort de Stanley, j’étais à ses funérailles chez lui. Christiane et Jan, son frère, m’ont demandé de prendre la suite de Stanley, comme il l’avait prévu, et de réaliser le film ». Du coup, il a laissé Harry Potter de côté pour se consacrer à ce projet.
Deux films sortis presque en même temps, deux mondes opposés
Le calendrier dit pas mal de choses. A.I. Artificial Intelligence est arrivé au cinéma un peu moins de cinq mois avant Harry Potter. Le premier volet des aventures du célèbre sorcier a finalement été confié à Chris Columbus, déjà collaborateur de Steven Spielberg sur Gremlins et Les Goonies.
Et le contraste entre les deux films saute aux yeux. D’un côté, un conte de science-fiction étrange, parfois sombre. De l’autre, un univers bien plus familial et merveilleux. Clairement, on parle de deux directions radicalement différentes.
Un pari devenu film culte
Avec le temps, A.I. Artificial Intelligence a gagné une vraie réputation de film culte. La source rappelle que le long-métrage est aujourd’hui encore vu comme une œuvre bizarre et fascinante, peut-être même mieux comprise qu’à sa sortie, 25 ans plus tôt.
Autre point intéressant, l’appréciation du film a évolué parce que beaucoup ont fini par voir chez Stanley Kubrick les élans les plus sentimentaux, et chez Steven Spielberg les aspects les plus sombres et dérangeants. Ce choix a aussi ouvert chez le réalisateur une séquence très particulière au début des années 2000, avec Minority Report, Catch Me If You Can puis Munich. Pas exactement la timeline qu’on imaginait pour Poudlard.