Frappes américaines en Iran, Ormuz sous menace de fermeture totale

Image d'illustration. La route du pétrole mondial est toujours sous contrôle.ADN
Washington a bombardé l’Iran, qui riposte contre des bases américaines dans le Golfe et menace le détroit d’Ormuz, clé du pétrole mondial.
En bref
- L’Iran menace de fermer Ormuz
- Washington a frappé des sites militaires
- Le pétrole repart à la hausse
Le détroit d’Ormuz redevient le point de tension central. Après de nouveaux bombardements américains contre l’Iran, Téhéran a menacé de fermer ce passage stratégique et d’attaquer tout navire qui s’en approcherait. Dans la foulée, les cours du pétrole ont encore monté, le Brent gagnant 1,7 % à environ 81 euros (94,68 dollars) et le WTI 2 % à environ 79 euros (91,84 dollars).
Ormuz, le point de bascule
Selon les Gardiens de la Révolution, le détroit d’Ormuz est fermé jusqu’à nouvel ordre après ce qu’ils présentent comme des violations répétées du cessez-le-feu par l’ennemi américain. Le même message avertit qu’aucun navire ne doit quitter son mouillage dans le golfe Persique et la mer d’Oman, toute approche du détroit étant assimilée à une collaboration avec l’ennemi.
La marine iranienne, relayée par des médias d’État, a aussi affirmé avoir frappé deux navires qui tentaient de franchir illégalement le détroit, sans donner plus de détails. De son côté, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient a assuré sur X que les navires commerciaux continuaient de transiter dans la zone jeudi soir.
De nouvelles frappes américaines, puis des représailles
Jeudi 11 juin 2026 à l’aube, les États-Unis ont mené de nouvelles frappes en Iran. L’armée américaine dit avoir visé des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne à travers le pays.
Des médias iraniens ont ensuite fait état d’explosions à Qeshm, Minab, Sirik et dans le port de Bandar Abbas, dans le sud. En réponse, les Gardiens de la Révolution disent avoir lancé des drones contre les bases d’Ali al-Salem et d’Ahmad al-Jaber, au Koweït, ainsi que contre la base aérienne de Sheikh Isa, à Bahreïn.
À Bahreïn, des sirènes d’alerte aérienne ont retenti, selon le ministère de l’Intérieur. Au Koweït, l’armée a indiqué combattre des cibles aériennes hostiles, pendant que l’aviation civile fermait l’espace aérien. Téhéran affirme aussi avoir tiré 12 missiles balistiques vers la base d’Al-Azrak, en Jordanie, utilisée par les États-Unis.
Trump accuse Téhéran de faire traîner les négociations
Cette nouvelle séquence intervient alors que Donald Trump accuse l’Iran de faire durer les discussions censées arrêter la guerre au Moyen-Orient. Mercredi, le président américain a lâché devant la presse : « On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n’arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous ».
Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a lui aussi accusé Téhéran de jouer au chat et à la souris dans les négociations.
Un cessez-le-feu déjà fragilisé, la région sous pression
Le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, entré en vigueur le 8 avril après plus de cinq semaines de bombardements, tenait déjà mal. Les deux pays s’étaient encore mutuellement attaqués dans la nuit de mardi à mercredi. Et après des frappes israéliennes sur Beyrouth, l’Iran puis Israël avaient aussi échangé des attaques dimanche et lundi.
Dans le même temps, Benjamin Netanyahu a appelé mercredi les Libanais à rejoindre la lutte d’Israël contre le Hezbollah, jugeant leur pays pris en otage par le mouvement pro-iranien. Téhéran exige pour sa part que le Liban soit inclus dans tout accord régional. Depuis le début de la guerre, plus de 3 600 personnes ont été tuées au Liban dans les frappes israéliennes.