More Than Human : le roman de 1953 qui annonçait déjà les X-Men

Image d'illustration. X-Men '97Marvel / PR-ADN
Avant les X-Men, un roman de 1953 explorait déjà mutants, rejet social et nouvelle humanité. Son adaptation au cinéma aurait du sens aujourd’hui.
En bref
- Le roman More Than Human de Theodore Sturgeon suit des individus dotés de pouvoirs psychiques qui s’assemblent en une entité collective, en développant déjà des idées d’exclusion et d’évolution humaine.
- Il présente des thèmes très proches des X-Men avant l’heure : mutation, marginalisation, peur sociale et naissance d’un « homo gestalt » comparable au concept de « homo superior ».
- Malgré son potentiel d’adaptation, ce type d’œuvre est difficile à transposer sans échec, mais reste influent dans la science-fiction et la pop culture moderne.
Bien avant Stan Lee et Jack Kirby, un roman racontait déjà une humanité en train de muter. Publié en 1953, More Than Human de Theodore Sturgeon met en scène un petit groupe d’êtres psychiques, rejetés par les autres, qui finissent par former une nouvelle étape de l’évolution. Dit comme ça, la parenté avec les X-Men est difficile à rater.
Un roman de 1953 qui avait déjà les bons codes
Dans ce livre, Theodore Sturgeon assemble plusieurs récits plus anciens pour bâtir l’histoire d’un groupe de six personnages dotés de capacités hors norme. On y suit d’abord un homme sans domicile, âgé d’environ 25 ans, capable d’influencer mentalement les autres. Plus tard, il prend le nom de Lone, s’isole dans les bois et rejoint d’autres êtres psychiques mis à l’écart.
Le roman ne parle pas de justiciers en costumes. Mais il pose déjà des idées qui ont irrigué toute la pop culture super-héroïque, la peur de la différence, les pouvoirs mentaux, l’idée d’une espèce nouvelle. Le groupe se définit même comme homo gestalt, une formule qui fait forcément penser au homo superior des X-Men.
Pourquoi la parenté avec les X-Men saute aux yeux ?
La comparaison ne sort pas de nulle part. Stan Lee a reconnu, via ScreenRant, avoir créé les X-Men en 1963 avec une idée très simple, des adolescents nés avec leurs pouvoirs, sans origin story compliquée. Dans les comics, ces mutations peuvent prendre toutes les formes, de la régénération aux rayons optiques, en passant par la force ou même le voyage temporel.
Mais le point le plus frappant est ailleurs, le regard des autres. Chez Sturgeon, ces êtres sont rares, soupçonnés, exclus. Lone finit d’ailleurs par jouer un rôle qui évoque clairement le Professeur X. Même la fin, où le groupe entre en contact psychique avec un esprit collectif mondial, rappelle un peu Cerebro, la machine qui permet de repérer les mutants dans l’univers Marvel.
Et un détail compte, l’un des personnages psychiques est présenté comme une menace avant d’être réintégré au groupe. Là encore, l’ADN narratif des mutants modernes est déjà là.
Une adaptation qui éviterait le piège de la copie
L’idée d’un film tiré de More Than Human a du sens, justement parce que le roman ne ressemble pas directement aux X-Men. Pas de costumes, pas d’équipe de super-héros au sens classique. Si l’action restait ancrée dans les années 1950, le projet pourrait même apparaître comme un véritable point d’origine de cette imagination-là. Franchement, ce cadre d’époque aurait de l’allure.
La source note aussi que ce type d’adaptation peut mal tourner. Valerian and the City of a Thousand Planets, réalisé par Luc Besson en 2017 à partir de Valérian et Laureline, s’est planté. Même sort pour John Carter, adapté par Disney en 2012 depuis les romans de Edgar Rice Burroughs.
Un nom déjà bien connu des fans de SF
Si le nom de Theodore Sturgeon vous dit quelque chose, ce n’est pas un hasard. L’auteur a aussi écrit pour Star Trek, notamment Shore Leave et Amok Time. C’est dans ce dernier épisode qu’apparaît pour la première fois la formule « Live long and prosper ». Il a aussi signé Killdozer! en 1944, plus tard adapté en téléfilm, ainsi que The Dreaming Jewels et Some of Your Blood.
Bref, le matériau existe, l’influence aussi. Et ce vieux roman a encore des choses à dire.