Incendie de Crans-Montana : Jessica Moretti face à un nouveau chef d’inculpation

Image d'illustration. Crans-Montana reste liée au drame.ADN
La justice suisse ajoute un motif d'inculpation à Jessica Moretti dans l'enquête sur l'incendie du Constellation, qui a fait 41 morts.
En bref
- Nouvelle inculpation pour Jessica Moretti
- Une facture liée à la mousse interroge
- L’enquête vise aussi la commune
La justice suisse a ajouté vendredi un nouveau chef d’inculpation contre Jessica Moretti dans l’enquête sur l’incendie du bar Le Constellation, à Crans-Montana. Ce sinistre, survenu le soir du Nouvel An, a fait 41 morts et 115 blessés.
L’information est tombée après une journée d’audition à Sion, dans le canton du Valais. Jessica Moretti et Jacques Moretti y étaient entendus lors d’une confrontation avec les différentes parties et leurs avocats.
Une procédure qui se durcit
Après dix heures d’audition, Jessica Moretti s’est vu notifier une mise en prévention pour faux dans les titres, selon plusieurs sources citées par la presse. L’un des avocats des parties civiles, Christophe de Galembert, a indiqué que cette extension de l’instruction était attendue.
Le couple comparaissait pour la première fois ensemble depuis leurs auditions séparées de février. Celle de Jacques Moretti, prévue le 7 avril, avait été repoussée après la remise de certificats médicaux par ses avocats.
La facture qui concentre les doutes
Ce nouveau motif porte sur une facture liée à la provenance de la mousse insonorisante. C’est un point sensible du dossier, car les premiers éléments de l’enquête indiquent que des étincelles de bougies « fontaine » ont enflammé cette mousse, installée au plafond du sous-sol du bar.
Pour Romain Jordan, autre avocat des parties civiles, il s’agit d’une fausse facture en lien direct avec ce matériau. Christophe de Galembert a lui insisté sur plusieurs zones d’ombre, l’identité du fournisseur, la date d’achat et la personne qui a acquis cette mousse. Selon lui, ces réponses tardent à venir.
Des familles toujours en première ligne
Vendredi matin, Jacques Moretti et Jessica Moretti sont arrivés dans un véhicule de police banalisé et ont emprunté une entrée séparée du bâtiment universitaire où se tenait l’audition. Ni eux ni leurs avocats n’ont répondu aux journalistes.
Dans la salle, des rescapés et des proches de victimes pouvaient assister aux échanges. Laetitia Brodard-Sitre, dont le fils de 16 ans est mort dans l’incendie, était présente, vêtue de blanc, avec une photo d’Arthur sur elle. Elle a déclaré en français « Sans le savoir, nous avons mis nos enfants dans un établissement qui n’était pas aux normes au niveau sécuritaire », accusant aussi les Moretti d’être « dans la victimisation » pendant l’audition.
Une enquête bien plus large que le couple Moretti
L’instruction pénale ne se limite pas aux propriétaires du bar. Au total, 14 personnes sont visées pour incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence.
Parmi elles figurent des élus actuels ou anciens, ainsi que des employés de la commune. Les responsables communaux avaient reconnu juste après le drame l’absence de contrôles de sécurité et d’incendie dans le bar depuis 2019. L’enquête doit encore établir les responsabilités éventuelles de la commune, examiner les mesures de prévention prises par les propriétaires et reconstituer précisément le déroulement du sinistre.