Affaire Lyhanna : ce que Gérald Darmanin a dit sur TF1

Image d'illustration. Le 20 heures met l'affaire au premier plan.ADN
Invité du 20 heures de TF1, Gérald Darmanin a admis des défaillances dans l’affaire Lyhanna et confirmé une enquête rapide.
En bref
- Gérald Darmanin admet des défaillances
- Les plaintes n’ont pas été priorisées
- Une enquête doit aboutir sous 15 jours
Gérald Darmanin a reconnu vendredi soir sur TF1 que la justice et d’autres services de l’État avaient échoué dans l’affaire Lyhanna, quelques heures après la confirmation de l’identité du corps retrouvé jeudi. Face à Anne-Claire Coudray, le garde des Sceaux a admis des défaillances et présenté des excuses à la famille.
Un aveu public au nom de la justice
Sur le plateau du 20 heures de TF1, le ministre a dit que l’institution judiciaire n’avait pas su protéger la fillette. Il a aussi présenté, au nom de la justice, ses excuses à la famille de Lyhanna ainsi qu’aux Français choqués par cette affaire.
Cette prise de parole n’arrivait pas dans un vide. Le dossier est devenu politique, à mesure que montent les questions sur le traitement de nombreux signalements visant Jérôme B. pour des viols sur mineures. Gérald Darmanin a indiqué qu’il rendrait publique l’enquête administrative ouverte et qu’il s’exprimerait plus longuement ensuite.
Les plaintes au cœur des critiques
Le point le plus lourd, c’est le suivi des plaintes. Interrogé sur les procédures engagées contre Jérôme B. et restées sans effet, Gérald Darmanin a lâché cette phrase, « Nous avons failli dans le suivi des plaintes ».
Il est revenu sur la circulaire envoyée aux parquets, qui demandait de traiter en priorité les plaintes concernant les enfants et les femmes. Dans le cas de Lyhanna, il a admis que cette consigne n’avait manifestement pas été appliquée. Même constat sur l’écoute accordée aux plus jeunes, le ministre reconnaissant, « De manière générale, nous n’écoutons pas la parole des enfants ».
Le manque de moyens, lui, n’a pas été retenu comme explication acceptable. Gérald Darmanin s’est inscrit dans la ligne fixée plus tôt dans la journée par le président de la République.
Enquête, délais et menaces
Avant même son passage sur TF1, l’entourage du ministre évoquait déjà de possibles sanctions contre des magistrats si des manquements étaient établis. Sur le plateau, il l’a confirmé.
Une enquête administrative est donc lancée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui s’est dit « choqué », attend des conclusions sous 15 jours.
Dans le même temps, la Chancellerie a déposé plainte après des menaces visant la procureure d’Auch. La magistrate est directement mise en cause pour le traitement du principal suspect, visé par quatre plaintes antérieures sans avoir jamais été placé en garde à vue. C’est l’autre versant de cette affaire, la pression judiciaire s’ajoute désormais à la pression politique.