Le vin perd du terrain : la demande mondiale en chute libre

Image d'illustration. Collection raffinée de bouteilles de vinADN
La demande de vin connaît une baisse significative à l’échelle internationale. Les chiffres récents témoignent d’une chute marquée des volumes consommés, un phénomène qui inquiète les producteurs et pourrait bouleverser l’ensemble de la filière viticole.
Tl;dr
- Consommation mondiale de vin au plus bas depuis 1957.
- Chute portée par États-Unis, France et Chine.
- Producteurs misent sur vins « no-lo » et petits formats.
Un recul historique pour la consommation mondiale
Jamais depuis près de soixante-dix ans, on avait observé un tel effondrement : la consommation mondiale de vin a poursuivi son recul en 2025, chutant de 2,7 % en un an selon le dernier bilan de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Seulement 208 millions d’hectolitres ont été bus à travers le monde, un niveau qui renvoie à l’année 1957. Depuis 2018, la baisse cumulée atteint même les 14 %, illustrant une transformation profonde et durable du secteur.
L’impact des grandes puissances viticoles
Derrière cette chute spectaculaire se cachent principalement trois géants : les États-Unis, la France et la Chine. Premier marché mondial, les Américains ont vu leur consommation plonger de 4,3 % en 2025, retombant à 31,9 millions d’hectolitres. La situation française n’est guère plus reluisante : première consommatrice de l’Union européenne, la France accuse un recul supplémentaire de 3,2 %. Quant à la Chine, jadis sixième marché mondial il y a seulement quatre ans, elle n’occupe plus que la onzième place après une dégringolade spectaculaire de 61 %.
Dans ce contexte morose, plusieurs autres pays européens – l’Italie, l’Allemagne ou encore l’Espagne – suivent également cette tendance négative.
Nouvelles attentes des consommateurs et mutation du secteur
Comment expliquer ce désamour ? L’OIV met en avant un cocktail complexe : difficultés économiques, inflation persistante depuis le Covid-19, hausse des prix des bouteilles… Mais aussi une évolution notable des comportements. Les jeunes générations se tournent vers d’autres boissons ou réduisent leur consommation d’alcool. Résultat : le secteur viticole s’interroge sur sa capacité à se réinventer.
Face à ces défis inédits, les producteurs expérimentent. On voit ainsi émerger :
- Vins peu ou sans alcool (« no-lo »)
- Formats réduits ou cubis haut de gamme
- Mise en avant d’une consommation domestique
Mais ces solutions restent encore marginales sur le marché global.
D’autres nuages à l’horizon
La filière ne doit pas seulement composer avec une demande en berne. Le climat accentue les difficultés : malgré une légère embellie en production cette année, les vendanges mondiales demeurent inférieures d’environ 10 % par rapport à la moyenne quinquennale. À cela s’ajoutent les incertitudes géopolitiques qui pourraient encore renchérir le coût de la vie et peser sur les échanges internationaux. « Tout ce qui touche le coût de la vie ou les transports a des répercussions sur le marché du vin », avertit l’OIV, alors que les tensions au Moyen-Orient alimentent déjà toutes les craintes.