Le Diable s’habille en Prada 2 : un retour qui manque de souffle

Image d'illustration. Le Diable s’habille en Prada 220th Century Studios / PR-ADN
Malgré le retour du casting emblématique, Le Diable s’habille en Prada 2 échoue à retrouver la finesse et l’impact du premier opus.
Tl;dr
- Malgré un fort capital nostalgique et le retour de l’équipe originale, Le Diable s’habille en Prada 2 ne parvient pas à retrouver l’efficacité ni la fraîcheur du premier film, et installe vite une impression de déception.
- Le Diable s’habille en Prada 2 illustre les limites des suites tardives actuelles, qui misent davantage sur la reprise d’éléments connus que sur une véritable invention narrative ou une relecture ambitieuse de l’univers.
- Les thématiques contemporaines et le potentiel satirique restent largement sous-exploités, donnant lieu à une intrigue simplifiée et à des enjeux traités de manière superficielle.
Une suite qui suscite l’espoir… puis la déception
Il y a vingt ans, la sortie du premier Le Diable s’habille en Prada avait conquis une génération, autant par son humour mordant que par la prestation magistrale de Meryl Streep dans le rôle de la glaciale Miranda Priestly. L’annonce d’une suite réunissant l’ensemble du casting original, de Anne Hathaway à Stanley Tucci, en passant par Emily Blunt, accompagnée du retour du réalisateur David Frankel, avait de quoi susciter l’enthousiasme. Pourtant, dès les premières minutes de ce second opus, une certaine désillusion s’installe.
Le recyclage narratif plutôt que l’innovation
La tendance des « legacy sequels », ces suites tardives destinées à ranimer des univers cultes et leurs personnages emblématiques, s’est intensifiée ces dernières années. Hélas, rares sont celles qui marquent positivement leur époque. À titre d’exemple, on se souvient de l’ampleur de la déception suscitée par les nouveaux volets de franchises telles que Jurassic World, Indiana Jones ou encore Zootopie 2. Les spectateurs y voient bien souvent un recyclage paresseux d’idées, au détriment de toute véritable innovation narrative. Malheureusement, Le Diable s’habille en Prada 2 rejoint tristement cette liste.
Des ambitions critiques balayées par la superficialité
On aurait pu espérer que Le Diable s’habille en Prada 2 profiterait de son retour pour aborder avec acuité les mutations du secteur des médias ou les questions d’inclusivité dans la mode. D’autant que l’éviction d’Andy Sachs, récompensée pour ses enquêtes mais licenciée au début du film, ouvrait la porte à une réflexion profonde sur l’état actuel du journalisme. L’arrivée d’un nouveau personnage, Benji Barnes, caricature entre un Elon Musk et un Jeff Bezos, promettait également une satire piquante du capitalisme moderne. Or, jamais ces pistes ne sont vraiment explorées. Le scénario effleure plusieurs thématiques clés sans jamais oser prendre position ou offrir une analyse pertinente.
Voici ce qu’on retient finalement :
- L’évolution superficielle de Miranda Priestly peine à convaincre ; son personnage oscille selon les scènes sans réelle cohérence.
- L’intrigue se conclut par une résolution artificielle, un rachat providentiel signé Sasha Barnes (incarnée par Lucy Liu), qui balaye tous les problèmes d’un revers financier.
Un genre en quête de réinvention
Bien sûr, certaines exceptions existent : Blade Runner 2049 ou Mad Max: Fury Road ont su transcender leur héritage pour proposer une vision renouvelée et ambitieuse. Mais ici, le constat est implacable : ce nouvel opus n’apporte rien d’essentiel ni sur le plan scénaristique ni en matière de critique sociale. Malgré un succès probable en salles, l’aura nostalgique restant puissante, difficile d’imaginer que ce genre continuera longtemps à séduire sans se réinventer.