Malgré une forte baisse en 2026, la demande de recrutement reste élevée

Image d'illustration. Salon de l'emploi. ADN
En 2026, les entreprises prévoient de recruter moins de nouveaux collaborateurs qu’auparavant. Malgré cette diminution marquée des intentions d’embauche, le volume des besoins reste élevé dans de nombreux secteurs professionnels à travers le pays.
Tl;dr
- Intentions d’embauche en forte baisse pour 2026.
- Construction et services aux entreprises très impactés.
- Contrats courts en nette progression, CDI en recul.
Un net recul des intentions d’embauche en 2026
L’enquête publiée ce mardi par France Travail révèle un constat sans appel : les prévisions de recrutement des entreprises françaises pour 2026 marquent un repli significatif. Après avoir interrogé plus de 416 000 établissements entre octobre et décembre 2025 – une période précédant les tensions géopolitiques récentes et la hausse du prix des hydrocarbures – l’organisme relève une chute de 6,5 % des projets d’embauche par rapport à l’année précédente.
Tous les secteurs touchés, mais certains plus durement
Le volume global des intentions de recrutement atteint ainsi son niveau le plus bas depuis 2018 : seulement 2,27 millions de projets, soit une diminution de 158 000 par rapport à 2025. Pour mémoire, ce chiffre s’élevait à plus de trois millions lors du pic enregistré en 2023. Si le ralentissement est généralisé, certains secteurs souffrent davantage. La construction encaisse une baisse spectaculaire de -16,4 %, tandis que les services aux entreprises reculent de -10,1 %. D’autres domaines enregistrent également un repli notable, bien que moindre.
L’évolution contrastée des formes d’emploi
S’agissant du type de contrats proposés, la tendance est claire : la part des embauches en CDI diminue à 41 % pour 2026 (contre près de 44 % en 2025), tout comme celle des CDD longs (six mois ou plus). À l’inverse, les contrats courts progressent nettement : ils représenteront désormais près de 42 % des embauches envisagées.
En analysant les motifs évoqués pour justifier ces recrutements, on observe que :
- 40,7 % concernent un surcroît d’activité ponctuel,
- 25,8 % servent à remplacer définitivement un salarié parti,
- 22,2 % répondent au développement d’une nouvelle activité.
Les remplacements liés à des absences temporaires (maladie ou maternité) restent minoritaires avec 11,3 %.
Métiers saisonniers et tension du recrutement
Fait intéressant : alors que la part d’établissements prévoyant de recruter passe sous la barre des 24 %, les difficultés à embaucher semblent se résorber – notamment dans la finance ou le secteur énergétique. Seules les activités immobilières affichent une légère hausse des tensions (+1,7 point). Certains métiers tirent néanmoins leur épingle du jeu. Ainsi, dans la restauration et l’agriculture, où la dimension saisonnière est très forte, la demande reste soutenue : près de 40 % pour les postes d’aides-cuisiniers ou employés polyvalents ; jusqu’à 95 % chez les viticulteurs ou arboriculteurs.