Malgré son interdiction en 2013, le pesticide Sniper 1000 a déjà causé quatre décès en France

Image d'illustration. Main tenant une buse de pulvérisationADN
Malgré une interdiction en vigueur depuis 2013, le pesticide Sniper 1000, utilisé contre les punaises de lit et les cafards, a été impliqué dans la mort de quatre personnes en France, révélant des risques sanitaires persistants.
Tl;dr
- Le « Sniper 1000 » provoque de graves intoxications.
- Insecticide interdit mais vendu illégalement en France.
- Quatre décès et forte hausse des cas signalés.
Un insecticide interdit, toujours présent sur le territoire
En dépit d’une interdiction formelle datant de plus de dix ans, le « Sniper 1000 », un insecticide à la toxicité avérée, continue de circuler en France. Le phénomène s’est même amplifié ces dernières années : selon l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), ce lundi 13 avril 2026, le nombre d’intoxications liées à ce produit est en nette augmentation.
Bien que proscrit depuis 2013 dans toute l’Union européenne pour sa dangerosité, il reste utilisé dans la lutte contre les punaises de lit et les cafards.
Trafic persistant malgré les interdictions
Malgré les saisies régulières opérées par les autorités et de nombreuses campagnes d’avertissement, la vente du « Sniper 1000 » n’a pas disparu. Il est encore proposé illicitement sur certains marchés, dans des bazars ou via Internet. Importé principalement depuis l’Afrique subsaharienne, ce produit fait l’objet d’un trafic bien établi en région francilienne qui s’étend désormais à plusieurs grandes agglomérations françaises.
Ainsi, près de sept expositions sur dix recensées se sont produites en Île-de-France, notamment en Seine-Saint-Denis. Mais contrairement aux constats précédents, des intoxications ont également été signalées dans des villes comme Lyon, Marseille, Limoges, ainsi qu’en Outre-mer.
Bilan préoccupant : chiffres et profils touchés
La vigilance se justifie pleinement : plus de 351 intoxications ont été enregistrées entre début 2023 et fin 2025. Ce chiffre a presque doublé par rapport aux cinq années précédentes. Parmi ces incidents :
- 255 cas étaient liés à un usage domestique contre les nuisibles,
- 39 résultaient d’une ingestion accidentelle par des enfants,
- 32 relevaient d’actes suicidaires.
Globalement, six victimes sur dix étaient des femmes ; si la plupart des cas restaient bénins, une situation sur dix se révélait sérieuse. Quatre intoxications ont malheureusement eu une issue mortelle.
L’appel à la prudence et alternatives recommandées
L’utilisation du dichlorvos – substance active principale du « Sniper 1000 » – n’est pas sans conséquences. Les symptômes observés vont de troubles respiratoires à des atteintes neurologiques sévères, parfois jusqu’au décès. Face à la résistance croissante des punaises de lit aux produits classiques vendus librement, l’Anses insiste : il convient désormais de recourir exclusivement à un professionnel certifié pour traiter efficacement toute infestation persistante.
Sans relâche, les autorités rappellent donc : il ne faut ni acheter ni utiliser cet insecticide prohibé aux risques souvent dramatiques pour la santé.