Le premier film de HBO au cinéma : un western controversé qui a déçu la critique

Image d'illustration. FlashpointHBO Pictures / PR-ADN
Malgré un casting prometteur et une production signée Columbia Pictures et Silver Screen Partners, le thriller de HBO récolte à peine 3,8 millions de dollars pour un budget d’environ dix millions.
Tl;dr
- HBO a échoue avec Flashpoint, décevant le public et les critiques malgré un casting prometteur.
- Flashpoint souffre d’une intrigue confuse et d’une fin peu originale, confirmant les difficultés des années 1980 pour Kris Kristofferson au cinéma.
- Malgré ce revers, HBO n’a pas abandonné et a décidé de lancer plusieurs films l’année suivante, montrant sa persistance.
Un échec face au public et à la critique
Lorsque HBO décide de se lancer dans la production cinématographique, l’ambition est claire : réussir un coup d’éclat avec Flashpoint. Ce néo-western de 1984, inspiré du roman éponyme de George LaFountaine, marque alors la première tentative théâtrale de la chaîne câblée américaine. Avec l’aide de Kris Kristofferson, déjà reconnu pour ses rôles marquants et sa carrière musicale singulière, tout semblait réuni pour faire sensation au box-office. Pourtant, malgré une distribution prometteuse où figurait aussi Treat Williams, le film s’est rapidement heurté à la réalité du public et des critiques.
De Heaven’s Gate à Flashpoint : la décennie difficile
Avant de devenir le mentor charismatique Abraham Whistler dans Blade, ce rôle qui allait le rendre incontournable aux yeux d’une nouvelle génération, Kris Kristofferson accumulait déjà les expériences cinématographiques variées. Les plus âgés se souviennent sans doute de lui dans Heaven’s Gate, ce naufrage retentissant qui a durablement marqué le western hollywoodien. Mais Flashpoint, loin de redorer son blason, va s’ajouter à la liste des projets malchanceux des années 1980.
Dans Flashpoint, il incarne Bobby Logan, agent de la Border Patrol qui, aux côtés d’Ernie Wyatt (Treat Williams), découvre un butin enfoui dans le désert texan, ainsi qu’un cadavre mystérieux. L’intrigue bascule lorsque les deux hommes soupçonnent un lien avec l’assassinat historique ayant frappé le Texas en 1963. Entre suspense et tension croissante, ils se retrouvent bientôt sous la surveillance directe du FBI.
Une fin qui brouille les pistes
L’attente était grande : pour ce premier film en salles co-produit par Columbia Pictures via Silver Screen Partners, HBO espérait frapper fort. Mais la désillusion sera à la hauteur des espoirs placés dans le projet : à peine 3,8 millions de dollars récoltés au box-office pour un budget avoisinant les dix millions. Pire encore, les critiques oscillent entre déception polie et sévérité assumée.
Pour Roger Ebert, le thriller avait tout pour séduire avant que sa fin ne vienne « brouiller les pistes et trahir l’attente du spectateur ». Le manque d’originalité du dénouement est pointé du doigt, un personnage surgit inopinément pour tout expliquer, tandis que Kevin Thomas (Los Angeles Times) fustige une intrigue « mal ficelée et autodestructrice ». D’autres jugements sont encore plus acerbes.
HBO persiste malgré tout
Si cet échec initial aurait pu dissuader toute velléité future sur grand écran, il n’en fut rien. Dès l’année suivante, Heaven Help Us, puis Volunteers ou encore Sweet Dreams, verront le jour sous bannière HBO. Comme si, paradoxalement, ce revers cinglant avait aiguisé l’appétit de la chaîne pour la production cinématographique, preuve que même un faux départ peut ouvrir sur une histoire inattendue.