Accord commercial UE-Australie: les agriculteurs prévoient une riposte et dénoncent un « Mercosur bis »

Image d'illustration. Puissant tracteur agricoleADN
Les agriculteurs expriment leur inquiétude face à l’accord commercial entre l’Union européenne et l’Australie, qu’ils jugent défavorable au secteur. Après la mobilisation contre le Mercosur, la profession envisage de nouvelles actions pour défendre ses intérêts.
Tl;dr
- Accord UE-Australie jugé inéquitable par les syndicats agricoles.
- Gouvernement défend des garanties pour les filières sensibles.
- Mobilisations syndicales contre l’accord annoncées en France.
Vives réactions syndicales face à l’accord UE-Australie
Mardi 24 mars 2026, la signature d’un vaste accord commercial entre l’Union européenne et l’Australie a suscité une levée de boucliers parmi les représentants du monde agricole français. D’un côté, le gouvernement tente d’apaiser les inquiétudes.
De l’autre, la contestation enfle : la majorité syndicale composée de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs dénonce un texte jugé « profondément asymétrique et dévastateur pour l’agriculture française et européenne ».
Des normes remises en cause et une inquiétude persistante
Pour ces deux organisations, qui pèsent lourd dans le paysage agricole hexagonal, la Commission européenne s’entête à « démanteler notre outil de production agricole ». Leur message est clair : les produits australiens bénéficieraient d’un accès facilité au marché européen sans être soumis aux mêmes exigences environnementales ou sanitaires que ceux des agriculteurs locaux.
Elles assimilent ainsi cet accord à un « Mercosur bis », insistant sur le caractère selon elles illusoire de la clause de sauvegarde prévue par Bruxelles.
Syndicats mobilisés, défiance envers Bruxelles
La contestation ne se limite pas à ces deux acteurs majeurs. La veille de l’annonce officielle, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français, appelait déjà à la mobilisation nationale. Cette organisation dénonce un « passage en force antidémocratique » de la Commission européenne, pointant du doigt l’entrée en vigueur provisoire de l’accord malgré une procédure judiciaire toujours en cours devant la Cour de justice de l’UE.
Parmi les critiques formulées, plusieurs griefs sont mis en avant :
- Droits de douane allégés sur des quotas de viande bovine, ovine et sucre australiens.
- Difficulté à faire respecter les normes européennes.
- Craintes sur la pérennité du modèle agricole français.
L’État joue la carte de la prudence
Du côté du gouvernement, le discours se veut nuancé. Interrogé à l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot assure que la France a su défendre ses « sensibilités agricoles », notamment autour des volumes concernant viandes et sucre. Selon lui, des concessions auraient été obtenues : une «montée progressive des volumes exemptés» et une «clause de sauvegarde opérationnelle» destinée à protéger les filières sensibles.
Toutefois, la tension reste palpable sur fond d’incertitude quant aux répercussions concrètes de cet accord pour les agriculteurs français. Alors que certains y voient un espoir économique pour divers secteurs, d’autres redoutent un nouveau coup dur porté à leur profession déjà fragilisée par les précédentes réformes européennes.