Abeilles, papillons, scarabées : nos conseils pour soutenir les insectes de retour au jardin

Image d'illustration. Scène de jardin avec un scarabée brillantADN
Avec le retour des beaux jours, de nombreux insectes font leur apparition dans les espaces verts. Abeilles, papillons et scarabées jouent un rôle essentiel dans la biodiversité. Voici comment favoriser leur présence dans nos jardins.
Tl;dr
- Favorisez des abris pour insectes dans votre jardin.
- Laissez une friche ou du bois mort pour la biodiversité.
- Plantez mellifères et évitez de trop tondre.
Le réveil des insectes au jardin
Alors que le mois de mars s’installe, la nature opère doucement sa métamorphose saisonnière. Dans les jardins, on assiste à la réapparition discrète mais essentielle des papillons, bourdons et bourdons.
Leur ballet annonce non seulement l’arrivée du printemps, mais rappelle aussi à quel point ces « petites bêtes » participent activement à l’équilibre écologique. Pour épauler cette biodiversité fragile, plusieurs gestes simples peuvent faire toute la différence.
Des gestes concrets pour accueillir les insectes
Selon François Lasserre, entomologiste et vice-président de l’Office pour les insectes et l’environnement (OPIE), il est essentiel d’aménager l’environnement en faveur des insectes plutôt que d’intervenir trop fortement. D’après ce spécialiste, « fabriquer des abris adaptés, comme des nichoirs spécifiques, aide véritablement nombre d’espèces à s’installer durablement ». En pratique, cela peut passer par :
- L’installation d’une bûche de bois dur percée de trous de différents diamètres et placée à l’abri de l’humidité.
- L’utilisation de briques ou pierres aménagées sur le même principe.
- La création d’une spirale à insectes : un petit muret en colimaçon fait de terre et de pierres, idéal pour attirer non seulement les insectes mais parfois aussi quelques lézards.
Pour ceux qui se sentent l’âme bricoleuse, réaliser une petite mare reste le summum : bien conçue, elle attire libellules et autres espèces aquatiques qui contribueront elles-mêmes à réguler la population de moustiques. À défaut d’espace, une simple coupelle d’eau garnie de pierres (afin d’éviter la noyade) constitue une alternative efficace — paattention cependant à renouveler fréquemment l’eau pour limiter les larves indésirables.
Laisser le jardin évoluer naturellement
Au-delà des installations dédiées, une approche respectueuse consiste aussi à laisser son espace vert évoluer librement. Comme le recommande François Lasserre, « ne pas tout tondre ou tailler systématiquement permet aux araignées de tisser leurs toiles et aux pollinisateurs de trouver refuge ». Conserver un coin en friche ou un tas de bois mort dans un recoin du jardin multiplie les possibilités d’abri pour différentes espèces moins attirées par les nichoirs.
Par ailleurs, planter quelques espèces mellifères telles que la lavande ou le pissenlit offre aux pollinisateurs une source précieuse de nourriture. Même laisser mûrir certains fruits au sol peut soutenir temporairement les butineurs.
Ajuster progressivement ses habitudes
Changer ses réflexes n’est pas toujours évident : il faut accepter que « le jardin évolue étape par étape : certains papillons raffolent des orties laissées sur place », confie l’expert.
Adapter peu à peu ses pratiques permet donc d’allier plaisir esthétique et préservation concrète de la biodiversité locale. Finalement, soutenir la vie discrète mais capitale des insectes commence souvent par… savoir lever un peu le pied sur nos interventions habituelles.