Star Wars : quand Jar Jar Binks divise les icônes et le public

Image d'illustration. Jar Jar BinksLucasfilm / PR-ADN
Critiqué par William Shatner et une partie des fans historiques, le Gungan est aujourd’hui reconnu pour son rôle clé dans l’évolution des effets visuels.
Tl;dr
- William Shatner admire le premier Star Wars mais rejette totalement Jar Jar Binks.
- La technologie de capture de mouvement a fait du Gungan une figure controversée, compliquant la carrière d’Ahmed Best.
- Au fil des années, le personnage et son interprète gagnent progressivement reconnaissance et respect auprès des fans.
Un regard attentif sur la saga Star Wars
L’image de William Shatner, indissociable du légendaire Captain Kirk, plane sur l’univers de la science-fiction. Figure iconique de la franchise Star Trek, il demeure un spectateur attentif des autres sagas cultes, à commencer par Star Wars. Lors d’un entretien accordé en 2011 au média américain The Daily Beast, l’acteur s’est livré sans détour sur ce monument du cinéma populaire.
Selon lui, le tout premier film réalisé par George Lucas, intitulé Star Wars, épisode IV: Un nouvel espoir, reste « probablement le meilleur film de science-fiction de son époque ». Il ne tarit pas d’éloges concernant les effets spéciaux novateurs développés par Industrial Light & Magic. Cependant, une réserve majeure subsiste : le personnage de Jar Jar Binks. Shatner n’hésite pas à pointer du doigt ce Gungan excentrique, qualifiant ses apparitions d’« incroyablement agaçantes. »
L’héritage controversé d’un Gungan pionnier
Pour comprendre cette antipathie, il faut revenir sur la genèse technique et narrative de Jar Jar Binks. Imaginé pour l’épisode I sorti en 1999, ce protagoniste est incarné grâce aux premières grandes avancées en matière de capture de mouvement. À l’époque, Hollywood ne jure bientôt plus que par cette technologie, qui fera florès avec des sagas comme Le Seigneur des Anneaux. Mais l’innovation n’a pas suffi : une frange non négligeable des fans exprime rapidement son rejet.
Les critiques pleuvent. Si les plus jeunes se laissent séduire par les mimiques enfantines du personnage, beaucoup d’aficionados historiques s’en détournent vivement. Une hostilité si marquée qu’elle influence même la place accordée à Jar Jar dans les suites.
Entre tempête médiatique et reconnaissance tardive
Au cœur de cette tourmente, on retrouve l’acteur Ahmed Best. Son interprétation lui vaut d’abord une notoriété amère ; le rejet massif impacte profondément sa vie personnelle. Progressivement écarté des deux films suivants, il traverse une période difficile. Pourtant, le temps joue son œuvre. Ces dernières années, une partie du public réhabilite à la fois l’acteur et son personnage :
- L’acteur est salué pour avoir ouvert la voie à la capture de mouvement.
- The Mandalorian lui offre un nouveau rôle marquant et héroïque.
- Même les fans jadis critiques reconnaissent aujourd’hui son apport à l’univers Star Wars.
L’apaisement après la tempête ?
S’il existe toujours quelques irréductibles allergiques à Jar Jar, William Shatner en tête, force est de constater que la haine toxique a cédé la place à une forme de respect tardif. La saga continue donc sa mue : elle apprend aussi à regarder différemment ceux qui ont contribué à écrire ses pages les plus discutées.