En Iran, la répression des manifestations fait au moins 192 morts alors qu’Internet reste bloqué

Image d'illustration. Découverte des édifices emblématiques de téhéranADN
En Iran, la contestation continue de s’intensifier, avec un nombre de victimes en hausse qui atteint au moins 192 morts selon les derniers bilans. L’accès à Internet demeure interrompu, compliquant la circulation des informations sur place.
Tl;dr
- Violente répression du mouvement contestataire en Iran.
- Internet coupé, milliers d’arrestations et victimes signalées.
- Réactions internationales et mobilisation de la diaspora.
Une contestation d’ampleur inédite sous étau sécuritaire
Alors que la République islamique affronte l’un de ses plus sérieux défis depuis des années, le climat reste tendu dans tout l’Iran. Depuis le 28 décembre, la grogne née dans les rangs des commerçants de Téhéran, exaspérés par la cherté de la vie, s’est rapidement propagée à de nombreuses villes.
Le pays vit désormais sous une pression extrême : coupures d’internet prolongées, paralysie des écoles, commerces fermés et rues quasi désertes. Nombreux Iraniens se retrouvent isolés, privés non seulement de communication mais aussi d’accès à l’information ou au télétravail.
Le bilan humain s’alourdit, les ONG tirent la sonnette d’alarme
La répression menée par les autorités a été qualifiée de « massacre » par l’ONG norvégienne Iran Human Rights (IHR), qui recense déjà au moins 192 morts. D’après l’organisation, le nombre réel pourrait dépasser deux mille victimes selon certaines sources. Les arrestations dépassent les 2 600 personnes, tandis que le pouvoir judiciaire promet un traitement « avec fermeté » des manifestants interpellés.
Dans un contexte où les images circulent malgré les restrictions grâce à des moyens satellitaires, l’émotion monte : vidéos de foules rassemblées dans plusieurs grandes villes, morgues débordées et hôpitaux saturés selon le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI).
Mise en scène du pouvoir et riposte internationale
Face aux critiques grandissantes, les autorités iraniennes alternent entre appels à la « marche de résistance », mise en avant des « martyrs de la résistance », et diffusion d’images rassurantes montrant une circulation fluide ou des funérailles officielles à la télévision. Pourtant, sur le terrain, il subsiste une forte tension : rassemblements spontanés à Téhéran, slogans monarchistes scandés dans certains quartiers comme Pounak… Dans ce contexte explosif :
- L’ex-opposant Reza Pahlavi appelle les forces de sécurité à « rejoindre le peuple ».
- Massoud Pezeshkian, président actuel, mobilise pour défendre le régime face à ce qu’il désigne comme des « criminels terroristes urbains ».
- L’armée et la police multiplient les arrestations massives.
Mobilisation internationale et crainte d’escalade
Ailleurs dans le monde, solidarité et inquiétude se font entendre : plusieurs milliers de personnes ont défilé ce week-end à Paris, Londres ou Vienne. À Istanbul cependant, la police turque a empêché tout rassemblement devant le consulat iranien. Sur le plan diplomatique, alors que Donald Trump n’écarte pas « des options très fortes », notamment militaires si la ligne rouge était franchie quant au nombre de victimes civiles – Téhéran promet déjà de riposter contre toute attaque américaine.
En somme, c’est un climat suspendu qui prévaut aujourd’hui en Iran : paralysie sociale sans précédent depuis trois ans et incertitude quant aux jours à venir.