Le monde risque de voir les cas de cancer du foie exploser d’ici 25 ans, mais l’espoir subsiste

Image d'illustration. Gros plan des embouts d un stéthoscopeADN
Les projections montrent une possible multiplication par deux des cas de cancer du foie au cours des 25 prochaines années. Toutefois, cette évolution inquiétante pourrait être freinée grâce à des mesures de prévention et de dépistage adaptées.
Tl;dr
- Vaccination hépatite B insuffisante, surtout en Afrique.
- Cancers du foie liés à alcool et obésité en hausse.
- Près de 1,52 million de nouveaux cas par an attendus d’ici 2050.
Un fardeau mondial en pleine progression
Face à la menace silencieuse du cancer du foie, l’alerte lancée par une récente étude publiée dans The Lancet le 29 juillet 2025 résonne avec gravité.
Selon les travaux d’une commission d’experts internationaux, le nombre de nouveaux cas devrait frôler les 1,52 million chaque année d’ici 2050, ce qui correspond à un quasi doublement par rapport à aujourd’hui. Malheureusement, la mortalité n’est pas en reste : près de 1,37 million de personnes pourraient succomber annuellement à cette maladie.
Des causes largement évitables… mais persistantes
Les auteurs soulignent que près de trois cancers du foie sur cinq sont directement attribuables à des facteurs évitables. Ce constat pointe vers trois coupables principaux : les hépatites virales, la consommation excessive d’alcool, ainsi que la stéatose hépatique non alcoolique.
Cette dernière, caractérisée par une accumulation de graisse dans le foie – souvent conséquence de l’obésité –, voit sa part augmenter : elle pourrait être responsable de 11 % des cas en 2050 contre seulement 8 % en 2022, soit une hausse notable de 35 %. Quant à l’alcool, il pèserait alors pour plus d’un cinquième des diagnostics.
L’urgence vaccinale encore trop ignorée
Curieusement, alors même que la vaccination contre l’hépatite B reste le moyen préventif le plus efficace, la couverture demeure très insuffisante, particulièrement en Afrique et dans certaines régions à faibles ressources. Les chercheurs évoquent tour à tour le coût élevé du vaccin, une certaine méfiance dans les populations concernées et un déficit global d’information quant à son efficacité.
L’absence d’obligation vaccinale aggrave encore la situation. Par ailleurs, si les virus des hépatites B et C restent en tête parmi les causes identifiées du cancer du foie (respectivement responsables de plus d’un tiers et d’un quart des cas en projection pour 2050), leur part tend doucement à diminuer au profit des autres facteurs.
Vers un défi planétaire majeur
La forme la plus répandue – le carcinome hépatocellulaire – frappe tout particulièrement l’Asie de l’Est, l’Afrique du Nord et l’Asie du Sud-Est. À travers le monde, le taux de survie à cinq ans oscille tristement entre 5 % et 30 %. Pour freiner cette évolution préoccupante, les spécialistes appellent à une mobilisation urgente autour de trois axes :
- Renforcer la vaccination contre l’hépatite B.
- Mener des politiques actives contre l’obésité.
- Lutter efficacement contre la consommation excessive d’alcool.
Sans intervention déterminée et globale, les perspectives ne pourront qu’empirer, tant sur le plan humain qu’économique.