Loi martiale instaurée par surprise en Corée du Sud

Image d'illustration. Soldats sud-coréens. ADN
Le mardi 3 décembre 2024, Yoon Suk-yeo, le président sud-coréen, a surpris son pays en décrétant la loi martiale. Qu'est-ce qui a pu pousser le président à prendre une telle décision ?
Tl;dr
- Le président sud-coréen Yoon Suk-yeo décrète la loi martiale.
- Accuse l’opposition d’avoir paralysé le processus parlementaire.
- La décision cause une onde de choc et une chute économique.
La loi martiale décrétée par le président sud-coréen
Le 3 décembre 2024, une annonce surprise a bouleversé la Corée du Sud. Son président, Yoon Suk-yeo, a déclaré la loi martiale lors d’un discours en direct sur la chaîne de télévision YTN. Cette décision a provoqué une onde de choc dans le pays, qui n’a pas connu de loi martiale depuis 1980.
Des justifications controversées
Yoon Suk-yeo, du Parti conservateur, a justifié cette décision par un objectif de protection. « Je déclare la loi martiale pour protéger la République de Corée libre de la menace des forces communistes nord-coréennes », a-t-il déclaré. Il accuse également les forces pro-nord-coréennes de mettre en danger la liberté et le bonheur du peuple.
Paradoxalement, aucune menace spécifique n’a été citée en provenance de la Corée du Nord. En revanche, le président a clairement ciblé ses adversaires politiques internes, les accusant d’avoir pris en otage le processus parlementaire.
https://twtter.com/afpfr/status/1863964389864308901
Des répercussions immédiates
Les conséquences de cette annonce ont été instantanées. Le won coréen a fortement chuté par rapport au dollar américain. L’armée, citée par l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, a annoncé l’interdiction des activités du Parlement et des partis politiques. Les médias et les éditeurs passent sous contrôle du commandement chargé de l’application de la loi martiale.
Lee Jae-myung, chef du Parti démocrate, le parti d’opposition majoritaire au Parlement, a exprimé sa réprobation. « Des chars, des véhicules blindés de transport de troupes et des soldats armés de fusils et de couteaux dirigeront le pays », a-t-il dénoncé. Il prévoit également un effondrement de l’économie sud-coréenne suite à cette décision.
Des tensions politiques en toile de fond
Derrière cette décision, des enjeux politiques majeurs se dessinent. Le président a cité parmi ses justifications une motion présentée par le Parti démocrate visant à destituer certains des principaux procureurs du pays. Il a également mentionné son désaccord avec le budget proposé par le gouvernement pour 2025, que le Parti démocrate souhaite réduire de 4.000 milliards de wons.
La Maison blanche et un porte-parole du commandement militaire américain n’ont pas encore commenté la situation. Rappelons que quelque 28 500 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud pour la protéger du Nord.