Pour réduire le déficit, des économistes proposent un cocktail de baisses de dépenses et d’augmentations temporaires de taxes

Illustration. Economie française. ADN
Selon le Conseil d'Analyse Économique, il est probable que des mesures temporaires soient requises, comme des augmentations ponctuelles de taxes ou une sous-indexation globale des dépenses et des tranches d'imposition. Ces changements pourraient-ils avoir un impact significatif sur notre économie ?
TL;DR
- Le CAE propose de miser sur baisse de dépenses et hausses temporaires de taxes.
- Objectif : garantir la soutenabilité de la dette et respecter engagements européens.
- Solution potentielle : Geler salaires, prestations sociales et tranches d’impositions courantes.
Équilibrer le déficit public sans brider la croissance : un défi pour la France
Pour préserver l’équilibre économique de la France, le Conseil d’analyse économique (CAE) a suggéré mercredi une stratégie se focalisant sur la réduction des dépenses publiques et l’instauration de « hausses temporaires de taxes ».
Une nécessité de réduction du déficit
Le CAE, organisme conseillant le Premier ministre, s’est exprimé dans une note. Selon lui, pour assurer la soutenabilité de la dette française, tout en se finançant à des taux d’intérêt faibles et en respectant ses engagements européens, il est impératif de diminuer le déficit public du pays, actuellement estimé à 5,5 % du PIB pour 2023.
Toutefois, il est important d’éviter une consolidation trop rapide des finances publiques pour « protéger la croissance et éviter une hausse du chômage », avertissent Adrien Auclert, Thomas Philippon et Xavier Ragot, les trois économistes signataires de la note.
Une nouvelle Note du @CAEinfo d'Adrien Auclert, Thomas Philippon et Xavier Ragot décrypte l'évolution de la dette publique, définit la trajectoire crédible de stabilisation et propose des solutions pour réduire le déficit public à court et moyen termes.
➡️https://t.co/G2rbTiYBql— Conseil d'analyse économique (@CAEinfo) July 24, 2024
Des projections prises au sérieux
Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les 10 milliards d’euros d’économies prévues pour 2024 pourraient affecter la croissance économique à hauteur de 0,2 point de PIB.
En parallèle, le CAE recommande une assainissement des finances publiques « modéré mais soutenu », afin que la France puisse dégager un excédent d’environ 1 point de PIB chaque année à moyen terme. En 2023, le déficit primaire du pays était encore loin d’atteindre cet objectif, s’établissant à 3,2 % selon Bercy.
Les pistes de solutions
Le CAE estime que la politique d’économies du gouvernement est dans le bon sens, pourtant, le rendement actuel ne permet pas de faire face aux défis économiques à venir. Pour générer les « 112 milliards d’euros » d’excédents nécessaires, des mesures temporaires pourraient être prises, telles que des hausses temporaires de taxes ou une sous-indexation généralisée des dépenses et des tranches d’imposition.
Il avance également l’idée de geler le salaire des fonctionnaires, les prestations sociales et le barème de l’impôt sur le revenu en 2025, cela rapporterait environ 20 milliards d’euros pour les comptes publics.