Eau purifiée illégalement : Foodwatch porte plainte contre Nestlé

Illustration. Une bouteille d'eau minérale. ADN
En cause selon l'ONG, neuf infractions à la directive européenne sur les eaux minérales, au Code de la consommation et au Code de la santé publique.
Rebondissement dans le scandale des eaux minérales traitées : ce jour, l’association de défense des consommateurs va déposer plainte contre Nestlé Waters et le groupe Sources Alma pour les traitements de désinfection interdits auxquels ils ont eu recours pour plusieurs de leurs marques, dont Vittel et Perrier.
Pour Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch qui est citée dans un communiqué, « Personne, pas même une multinationale comme Nestlé, n’est au-dessus des lois ».
Une plainte basée sur neuf infractions
« C’est la raison pour laquelle nous portons plainte aujourd’hui », poursuit-elle en indiquant que c’est auprès du tribunal judiciaire de Paris que la plainte est déposée, pour neuf infractions à la directive européenne sur les eaux minérales, au Code de la consommation et au Code de la santé publique.
À la fin du mois dernier, Nestlé Waters avait révélé avoir eu recours à des traitements interdits d’ultraviolets et de filtres au charbon actif sur certaines de ses eaux minérales afin de maintenir « leur sécurité alimentaire ».
Une pratique interdite dans l’UE
C’ets une « fraude massive » que dénonce l’ONG, car « L’eau en bouteille n’était pas aussi pure qu’on le croyait. Recourir à des systèmes de traitement de l’eau tels que des filtres à charbon ou des filtres UV, remplir les bouteilles avec de l’eau du robinet, dissimuler ces procédés aux yeux des contrôleurs, commercialiser des produits non-conformes, c’est tout simplement interdit ».
Si cette pratiques est courante dans le cas de l’eau du robinet, et sans risque sanitaire, elle est interdite pour les eaux minérales naturelles au sein de l’Union européenne.
Les reproches de Foodwatch
Ainsi, l’ONG reproche l’« utilisation de produits et procédés de traitement qui modifient la composition de l’eau dans ses constituants essentiels ». Aussi, une « information fausse et de nature à induire en erreur sur les qualités substantielles du produit« , et une « tromperie quant aux qualités substantielles d’une marchandise« .
Foodwatch relève la « non-conformité portant sur une qualité substantielle du produit », la « falsification de boissons destinées à être vendues« , et l’« absence de mention des traitements sur l’étiquetage de l’eau minérale ». Mais encore, la « modification de la composition analytique de l’eau minérale », l’« absence d’information du ministre chargé de la Santé », ainsi que l’« absence d’information de la Commission européenne et des Etats membres par le gouvernement ».