Risques d’anxiété et dépression associés aux études supérieures
Des chercheurs britanniques font ce lien quel que soit le niveau social des participants à leur étude.
L’étude en question est à mettre au crédit de chercheurs de l’University College London, et elle est relayée par la revue The Lancet. Selon eux, suivre des études supérieures serait donc liée à un risque accru de symptômes anxieux, dépressifs.
Or selon le Dr Gemma Lewis, du département de psychiatrie de l’université londonienne, « Les deux premières années de l’enseignement supérieur sont une période cruciale pour le développement. Si nous pouvions améliorer la santé mentale des jeunes pendant cette période, cela pourrait avoir des avantages à long terme pour leur santé et leur bien-être ainsi que pour leur réussite scolaire et leur succès à long terme ».
Deux études longitudinales
Les chercheurs britanniques ont pris pour base deux études longitudinales menées outre-Manche. La première concernait 4 832 participants de 18 à 19 ans pendant l’étude (2007-2009), et la seconde 6 128 jeunes gens âgés de 18 à 19 ans également, entre 2016 et 2018. Soit, avant la pandémie de Covid.
Parmi ces participants, une légère majorité suivait des études supérieures et tous ont répondu à des questionnaires relatives à leur santé mentale à différents moments.
« Un risque légèrement accru » chez les étudiants
Les chercheurs ont pu observer « un risque légèrement accru de dépression et d’anxiété » parmi les étudiants, par rapport à ceux n’ayant pas suivi d’études supérieures.
Le Dr Tayla McCloud, co-autrice, résume :
Nous nous serions attendus à ce que les étudiants de l’enseignement supérieur aient une meilleure santé mentale que leurs pairs non étudiants, car ils ont tendance à être issus de milieux plus privilégiés en moyenne. Ces résultats sont donc particulièrement préoccupants.
Et cette différence étudiants/non-étudiants disparait à l’âge de 25 ans.
Quelle en est la cause ?
D’après la spécialiste, la ou les causes sont floues. Elle résume toutefois : « Sur la base de nos résultats, nous ne pouvons pas dire pourquoi les étudiants pourraient être plus à risque de dépression et d’anxiété que leurs pairs mais cela pourrait être lié à la pression académique ou financière ».
D’ailleurs, une étude très récente du King’s College de Londres révélait que que 8% des étudiants envisageant l’abandon de leurs études en évoquant les difficultés financières comme principale cause en 2023, contre 3,5% l’année précédente.