Des chercheurs dotent leurs robots de mains cloportes
Des chercheurs dotent leurs robots de mains cloportes. Des travaux qui soulèvent des questions éthiques.
La main humaine est une merveille de la nature, offrant pas moins de 27 degrés de liberté et un sens du toucher inégalé. Mais certains de ces aspects tant appréciés de nos mains les rendent extrêmement difficiles à recréer en robotique. C’est pour cette raison qu’une équipe de chercheurs a décidé d’abandonner l’idée et d’opter pour des cloportes.
Des chercheurs dotent leurs robots de mains cloportes
Ce nouveau système imaginé par le Dr. Josephine Galipon et son équipe de l’Université Tohoku au Japon repose sur le travail d’une autre équipe de l’année dernière, qui avait utilisé des araignées « nécrobotiques », mais ici, les insectes sont encore vivants. « À notre connaissance, il n’existe aucun exemple d’organismes vivants complets utilisés comme effecteurs finaux pour des bras robotiques, ce que nous proposons ici », précisait Josephine Galipon dans Biological Organisms as End Effectors. L’équipe a utilisé des cloportes et des chitons (de petits mollusques) pour servir temporairement de mains à leur robot.
Ils ont d’abord imprimé en 3D de petits sièges pour les animaux, puis les ont mis au travail, leur faisant ramasser respectivement des touffes de coton et du liège immergé. Les résultats furent très prometteurs : les cloportes ont interagi avec le coton pendant avant deux minutes avant de s’en désintéresser, et les chitons se sont accrochés à leurs prises. Il a fallu les séparer manuellement. Le fait que les chitons se soient d’ailleurs accrochés est très intéressant en soi, étant donné les difficultés actuelles à utiliser la succion et autre méthodes mécaniques similaires sous l’eau. Il faudra cependant encore beaucoup de travail avant d’imaginer utiliser ces travaux dans des systèmes robotiques fonctionnels et efficaces.
Des travaux qui soulèvent des questions éthiques
Les travaux de cette équipe posent aussi des questions éthiques quant aux bien-être des animaux de test. Sont-ils contraints de s’exécuter contre leur volonté ? Comment la motivation est-elle transmise ? « Pour les animaux conscients surtout, nous aimerions établir une sorte d’interaction mutuelle avec une relation de coopération », déclarait Josephine Galipon à New Scientist. « C’est un peu différent de la domestication, il s’agit simplement d’une coopération après laquelle l’animal peut s’en aller faire ce qu’il veut. »