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Adèle Haenel : « Distinguer Polanski, c’est cracher au visage des victimes »

Société > César > Roman Polanski
Par Jérôme Nelra,  publié le 25 février 2020 à 17h20.

Au New York Times, l'actrice déclare que "la France a complètement raté le coche" de #MeToo. Selon elle, "Beaucoup d'artistes ont confondu, ou voulu confondre, le jeu sexuel et l'agression".

Adèle Haenel, quatre mois après les accusations d’« attouchements répétés » à l’encontre du réalisateur Christophe Ruggia alors qu’elle était adolescente, a accordé un entretien au New York Times, publié en français et en anglais sur son site lundi. Selon elle, « Il y a un paradoxe #MeToo en France : c’est l’un des pays où le mouvement a été le plus suivi, du point de vue des réseaux sociaux, mais d’un point de vue politique et médiatique, la France a complètement raté le coche ».

La justice pointée du doigt

Elle ajoute : « On a un système judiciaire qui ne fait pas des violences faites aux femmes sa priorité (…) la justice doit s’amender pour mieux traiter les femmes victimes de violence sexuelle ». Elle considère que « La loi française définit le viol comme un acte sexuel commis au moyen de violence, de surprise, ou de contrainte : elle est centrée sur la technique employée par l’agresseur, pas l’absence de consentement de la victime ».

Alors que la cérémonie des César aura lieu dans quelques jours, et que le film J’accuse de Roman Polanski figure parmi les favoris, l’actrice prévient : « distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes. Ça veut dire, ‘ce n’est pas si grave de violer des femmes' ».

Un appel à Emmanuel Macron

Au président français, elle demande un renforcement des moyens déployés pour la lutte contre les violences faites aux femmes. Ainsi selon elle, « La lenteur de la réactivité du gouvernement face au phénomène #MeToo laisse penser que les pouvoirs publics tolèrent une marge de violence sur les femmes ».

Quant aux conséquences éventuelles des accusations portées contre Christophe Ruggia à Mediapart à la fin 2019, elle estime qu’elle a fait« quelque chose de bien pour le monde et pour son intégrité ». « Peu importe si cela nuit à ma carrière […] Je vais faire du théâtre à la fin de l’année, mais je ne sais pas encore comment cela impactera la façon qu’auront les gens de me voir ».

Le Récap
  • La justice pointée du doigt
  • Un appel à Emmanuel Macron
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