César 2017 : Gilles Lellouche défend la nomination de Polanski à la présidence de la cérémonie

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Si dans son immense majorité, le cinéma français évite de commenter ce qui fait polémique, Gilles Lellouche a tenu soutenir le réalisateur.

Depuis mercredi dernier, les remous suscités par la nomination de Roman Polanski à la présidence de la 42ème cérémonie des César n'en finissent pas. L'indignation, née de soupçons de viols sur une mineur qui pèsent sur le réalisateur aux Etats-Unis depuis 1977, n'est que peu tempérée par les soutiens, et le monde du cinéma reste très majoritairement siliencieux.

Mais l'acteur et réalisateur Gilles Lellouche a tenu à pousser un coup de gueule en faveur du cinéaste, dans une interview au Parisien.

Lellouche : "Qu'est-ce qui se passe chez nous ? On devient Américains ?"

Quand la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol a parlé d'un choix "choquant" qui "banalise" le viol, l'acteur français prend la défense du réalisateur âgé de 83 ans. "En France, on fait des polémiques de tout. On meurt de ça dans ce pays. Il faut être cohérent. Polanski vit en France depuis quarante ans. Les faits qui lui sont reprochés précèdent cette arrivée", déclare-t-il dans les colonnes du quotidien.

Et Gilles de Lellouche de poursuivre : "A ce moment-là, il fallait lui interdire de vivre sur notre territoire ou d'y travailler. Mais on l'accueille, on lui donne des prix, on l'encense puisque c'est un immense réalisateur et qu'il fait partie de l'histoire du cinéma".

"Je ne suis pas en train d'excuser les faits"

"A ce compte-là, on a beaucoup de gens en France auxquels on peut reprocher des choses et qui sont toujours dans la vie politique, sociale ou économique. On ne les a pas mis en prison, on n'en a pas fait des polémiques. Même la victime, elle la première, en a assez de cette histoire !", ajoute-t-il. Et, s'il assure ne pas être "en train d'excuser les faits", il se demande "pourquoi, aujourd'hui plus qu'hier, devrait-il y avoir scandale ? Qu'est-ce qui se passe chez nous ? On devient américains ?".

Pour autant, la polémique ne devrait pas se tarir avant le 24 février prochain, date de la cérémonie des César. Parmi les autres soutiens du monde du cinéma français, citons ceux de Jean-Pierre Mocky (pour lequel Roman Polanski est "un homme de valeur"), ou encore Alexandre Arady ("Roman a grandement payé cette affaire. On crée une polémique autour d'un père de famille qui est l'honneur de notre cinéma").

Quant à la ministre de la Culture Audrey Azoulay, elle ne remet pas non plus en cause des "faits particulièrement graves", mais comme Gilles Lellouche, elle ajoute qu'"ils sont aussi très anciens, et que la victime elle-même a demandé à ce que l'affaire ne soit plus l'objet de débats publics. Cette affaire poursuivra Roman Polanski toute sa vie".

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