Caen : les migrants seraient comptés par les contrôleurs de bus

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Des contrôleurs de bus officiant à Caen expliquent avoir été mandatés pour compter les migrants dans les transports en commun, ce que réfute la préfecture.

À en croire des contrôleurs de bus, la préfecture les aurait mandatés à compter les migrants dans les transports en commun, et plus précisément sur la ligne 61 reliant Caen à Ouistreham. Des affirmations que la préfecture réfute.

Cité par nos confrères de Ouest-France, le secrétaire de la section des retraités de Twisto de la CGT Thierry Poulennec a déclaré que l'alerte est venue "des salariés de Twisto, qui indiquent que la préfecture a sollicité la direction de Keolis Twisto afin de procéder au contrôle de migrants sur la ligne de bus 61 Caen - Ouistreham".

Migrants comptés dans les bus : la préfecture de Caen dément

Ces agents se seraient vu remettre des grilles à remplir afin de déterminer le "nombre de migrants contrôlés" et le "nombre de migrants verbalisés". M. Poulennec a d'ailleurs présenté des documents semblant attester de l'existence de telles fiches.

Le secrétaire a ajouté que dans le bureau des contrôleurs figure une note rédigée à la main appelant notamment à "faire remonter la mise en place de squats". Pour lui, il s'agit là de "méthodes dignes d'une période très sombre de notre histoire".

"Une pression" ressentie par des conductrices

Invité à s'exprimer sur le sujet le 28 avril dernier, le président Les Républicains (LR) de l'agglomération Joël Bruneau aura déclaré ne pas connaître les faits en question. Bruno Guégan, directeur de Keolis Caen, explique aujourd'hui qu'il était question de solutionner des problématiques "de sécurité et de lutte anti-fraude. En février, les syndicats et des salariés nous ont alertés sur ces deux points. Il n'y a pas eu d'incident, mais des conductrices ont senti une pression, de la part de certaines personnes. Et la plupart des migrants ne payaient pas leurs tickets pour aller à Ouistreham."

En ce même mardi, le préfet du Calvados Laurent Fiscus a quant à lui fait savoir sur France Bleu Normandie que les tableaux qui auraient été remis aux contrôleurs ne sont pas de son fait :  "En tant que préfet, je ne délivre pas d'injonctions aux agents de Twisto. En revanche, les contrôleurs de tous les transports publics peuvent apporter certaines informations [...] que ce soit à propos de migrants ou de tout autre problème."

Crédits photos : Florian_Fèvre / Wikimedia Commons

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