Vers une interdiction en France des phares de voiture trop éblouissants, nuisibles à la vue et à la sécurité ?

Image d'illustration. Voiture élégante sous le ciel urbainADN
Alors que de plus en plus d’automobilistes se plaignent de la forte intensité lumineuse de certains phares, les risques pour la sécurité routière et la santé visuelle s’accumulent, relançant le débat sur une éventuelle interdiction de ces feux trop puissants.
Tl;dr
- Les feux LED/Xénon sont plus éblouissants qu’avant.
- La réglementation actuelle n’intègre pas la santé oculaire.
- Le Royaume-Uni impose bientôt un réglage automatique des phares.
L’éblouissement des phares modernes sur la sellette
Les plaintes se multiplient parmi les conducteurs : l’intensité des feux de véhicules récents, notamment la nuit, devient une préoccupation croissante. Si beaucoup pensaient à une simple impression, plusieurs enquêtes menées auprès d’acteurs publics et privés, relayées par directs.fr, confirment ce ressenti.
L’arrivée massive des technologies LED et xénon, offrant une lumière plus blanche et froide que les anciens modèles halogènes, est pointée du doigt pour leur pouvoir particulièrement éblouissant.
Une réglementation existante… mais imparfaite
Il existe bien un cadre réglementaire, aussi bien en France qu’au niveau européen. Les articles R313-1 à R313-35 du Code de la route encadrent l’utilisation des éclairages sur les véhicules : il y est clairement stipulé que ces dispositifs ne doivent ni gêner ni éblouir les autres usagers. Deux règlements onusiens — le 148 et le 149 — définissent l’homologation des différents types de feux. Comme l’explique l’Utac, organisme technique de référence, « lors de l’homologation, des minimums et maximums photométriques sont fixés », afin d’assurer un juste équilibre entre performance d’éclairage et prévention de l’éblouissement.
Néanmoins, une limite demeure : selon l’Anses, « la réglementation reste centrée sur la sécurité routière, négligeant la question de la santé oculaire ». Aucune obligation n’est faite concernant le risque photobiologique ou la toxicité potentielle de la lumière bleue.
Santé oculaire : le grand oublié du débat
L’Anses tire la sonnette d’alarme : si des exigences strictes s’appliquent à l’intensité ou à la portée du faisceau lumineux, aucune norme n’encadre le risque pour la rétine humaine. L’agence recommande d’intégrer dans les textes automobiles des critères similaires à ceux déjà appliqués pour l’éclairage intérieur. Le rapport cite en exemple la norme NF EN 62471 — obligatoire ailleurs mais non imposée pour les phares automobiles — qui classifie les sources lumineuses selon leur dangerosité pour l’œil.
Pistes d’amélioration et initiatives étrangères
Dans ce contexte, certains pays agissent plus rapidement. Au Royaume-Uni par exemple, une nouvelle loi entrera en vigueur en 2027 : tous les véhicules devront être équipés d’un système automatisé ajustant le réglage des phares selon la situation. En attendant une évolution similaire ailleurs, quelques conseils pratiques subsistent :
- Vérifier régulièrement le réglage initial des feux.
- Ajuster manuellement leur orientation selon la charge du véhicule.
- Remplacer ou régler systématiquement après tout changement de lampe.
Si certaines innovations comme les correcteurs dynamiques existent déjà, leur réactivité reste insuffisante pour supprimer tout éblouissement sur nos routes. La question demeure donc entière : comment conjuguer progrès technologique et respect de la santé publique ?