Traité mondial contre la pollution plastique : les blocages compromettent-ils l’espoir d’un accord contraignant ?

Image d'illustration. Macro photo de particules plastiques dans le solADN
Les discussions internationales sur la réduction de la pollution plastique peinent à avancer, alors que les États peinent à s’entendre sur des mesures réellement obligatoires. L’adoption d’un accord mondial ambitieux paraît désormais compromise.
Tl;dr
- Le traité contre la pollution plastique bloqué à Genève.
- Rejet massif d’un texte jugé « déséquilibré ».
- Ultime chance pour un accord international ce jeudi.
Des négociations internationales sous tension
La scène se déroule à Genève, où les négociations pour un tout premier traité mondial sur la pollution plastique s’enlisent. Ce mercredi, les débats en séance plénière ont laissé place à une confusion palpable : un projet de texte de synthèse d’à peine une dizaine de pages, présenté comme base de discussion, a été largement rejeté.
Seule l’Inde a accepté d’en faire un point de départ, là où une majorité d’États et nombre d’ONG environnementales y ont vu un document « déséquilibré » et « inacceptable » pour préserver les générations futures.
L’impasse après trois ans de négociations
Pourtant, cette séquence diplomatique engagée début août devait permettre de franchir une étape décisive. Sous l’impulsion d’une résolution des Nations unies datant de 2022, près de trois ans ont été consacrés à tenter d’élaborer un texte réellement « juridiquement contraignant » visant la lutte contre la pollution plastique – notamment dans les océans.
Malgré ces efforts, la pression reste immense : l’échec du précédent cycle, à Busan fin 2024, hante toujours les esprits, alors que les représentants des industries pétrochimiques pèsent lourdement sur le processus et refusent toute contrainte directe sur la production mondiale de plastique.
L’urgence environnementale au cœur du débat
Ce blocage survient alors même que l’urgence ne cesse de croître. Depuis 2000, la planète a généré plus de plastique qu’au cours des cinq décennies précédentes ; principalement des emballages et objets à usage unique. Selon l’OCDE, la production mondiale – aujourd’hui estimée à quelque 450 millions de tonnes par an – pourrait tripler d’ici 2060 si rien ne change. Or moins de 10 % du plastique est recyclé. Les images frappantes d’océans pollués et d’animaux marins piégés ont marqué les opinions publiques, tandis qu’une coalition internationale de scientifiques alerte désormais sur les conséquences sanitaires des additifs chimiques.
Voici ce qui cristallise actuellement le débat :
- Aucune véritable coopération internationale prévue dans le texte actuel.
- Trop grande latitude laissée aux États pour agir seuls.
- Craintes d’un statu quo favorisé par l’industrie.
Avenir incertain pour le traité mondial
La ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, s’est voulue modérément optimiste en évoquant « la possibilité d’un texte plus équilibré ».
Certains acteurs comme Cate Bonacini (CIEL) veulent croire en une sortie par le haut avant l’échéance officielle fixée à minuit ce jeudi – voire dans la nuit suivante si les discussions se prolongent. Mais dans les couloirs genevois, beaucoup redoutent déjà que cette occasion historique ne s’évapore encore faute d’accord global solide.