The Amazing Spider-Man : un fiasco télévisé

En 1977, CBS proposait The Amazing Spider-Man, mais la série s’éloignait trop des comics, perdant humour, complexité et ennemis iconiques selon Stan Lee.

The Amazing Spider-Man
Image d'illustration. The Amazing Spider-Man — Sony / PR-ADN

Tl;dr

  • La série The Amazing Spider-Man de 1977 a tenté d’adapter le héros à la télévision, mais s’est largement éloignée des comics originaux.
  • Stan Lee critiquait la série pour avoir supprimé l’humour, la dimension humaine et les ennemis emblématiques, jugeant le résultat « infantile ».
  • Malgré quelques effets techniques réussis, la série fut annulée après treize épisodes, marquant un échec notable dans l’histoire télévisée de Spider-Man.

L’héritage contrarié de Spider-Man à la télévision

Nul ne peut nier que Spider-Man, au fil des décennies, s’est imposé comme une figure majeure de la pop culture. Pourtant, toutes les adaptations n’ont pas su convaincre, loin s’en faut. La série The Amazing Spider-Man, lancée par CBS en 1977, incarne l’un des exemples les plus emblématiques de cette tension entre création originale et adaptation télévisée. Si le public semblait au rendez-vous – du moins au début –, un certain Stan Lee, co-créateur du héros, n’a jamais caché son profond désaccord avec cette version.

Quand Stan Lee tourne le dos à la télévision

Dès avant même sa diffusion, Stan Lee affichait déjà ses réserves vis-à-vis du projet mené par l’équipe de production, dont faisaient partie Daniel R. Goodman et Charles Fries. Leur objectif ? Offrir une vision de Spider-Man susceptible de séduire le grand public en prime time, quitte à s’éloigner considérablement de la bande dessinée originale. À l’époque, le compromis imposé par CBS, misant sur un large auditoire plutôt que sur les fans purs et durs, ne plaisait guère à l’auteur. En interview, il se montrait catégorique : « Ils ont supprimé l’humour. Ils ont oublié toute la dimension humaine et les difficultés personnelles qui rendaient le personnage unique. »

L’essentiel sacrifié au nom du format TV ?

Pourquoi tant d’amertume ? Pour le créateur, c’est tout ce qui faisait le sel des aventures de Peter Parker qui manquait cruellement à la série : le contraste entre vie privée et existence super-héroïque, une touche d’autodérision salutaire… Or, sur l’écran, exit les ennemis iconiques ou les dilemmes moraux complexes : faute de budget mais aussi de choix éditoriaux, l’homme-araignée affrontait surtout des criminels ordinaires dans un Los Angeles grimé en New York.

Au fil des interviews – notamment pour Marvel ou lors d’une apparition à la Television Academy en 2004 – Stan Lee ne mâchait pas ses mots : il qualifiait l’ensemble d’« infantile » et regrettait que The Amazing Spider-Man ait perdu tout ce qui avait fait le succès du comics original. L’échec a été cinglant : malgré des audiences correctes au départ, la série fut annulée en 1979 après seulement treize épisodes.

Bilan mitigé et petites satisfactions techniques

Il serait injuste cependant de tout jeter aux oubliettes. D’ailleurs, même Stan Lee admettait une forme de respect pour certains choix techniques : « Les scènes où Spider-Man escalade les murs étaient très réussies compte tenu des moyens de l’époque ». Mais sur le fond ? Le cœur n’y était pas.

Ainsi se clôt un chapitre particulier dans l’histoire du super-héros : celui d’une adaptation où compromis rime trop souvent avec trahison pour ceux qui ont façonné la légende originelle.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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