Tchernobyl : les gènes des chiens errants dans la zone d’exclusion sont particuliers

En étudiant le génome des chiens errants à proximité de la centrale nucléaire, des chercheurs ont découvert certaines particularités intéressantes.

Paysage captivant de la zone d exclusion de tchernobyl
Image d'illustration. La vie dans la zone d'exclusion de Tchernobyl — ADN

Suite à l’accident de la centrale de Tchernobyl dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, une zone d’exclusion d’un rayon de près de 30 km a été mise en place. L’objectif est d’interdire l’accès à cette dernière à toute personne non autorisée pour des raisons de santé publique évidente.

Depuis, cette zone est connue pour être devenue une sorte de sanctuaire pour de nombreuses espèces parmi lesquels, des chiens errants. Des chiens qui comporteraient certaines particularités génétiques qui intéressent les scientifiques.

Des chiens survivent malgré leur traque

Suite à l’accident nucléaire, les autorités avaient mis en place une traque active des animaux errants, et notamment des chiens, dans la zone d’exclusion afin d’éviter que ces derniers propagent de la radioactivité. Mais bon nombre de canidés sont passés au travers des mailles du filet et constituent aujourd’hui une population d’environ 800 individus.

Des chercheurs ont décidé d’étudier de près cette population de chiens pour comprendre comment ces derniers ont pu survivre et s’adapter dans des conditions de radioactivité constante.

Des chiens irradiés

Pour les besoins de leurs travaux, les chercheurs ont prélevé des échantillons sanguins sur 302 chiens répartis à plusieurs distances de l’épicentre de l’accident nucléaire de Tchernobyl.

Le premier constat paraît évident à la vue des conditions dans lesquelles vivent ces chiens : tous sont touchés par les radiations et ceux qui vivent près de la centrale présentent des taux 200 fois plus élevés que leurs congénères qui vivent loin de l’épicentre.

Des génomes différents

Mais ce qu’ont remarqué les scientifiques dans leurs travaux relayés par la revue Nature, c’est que ces chiens avaient subi de légères modifications génétiques qui les différencient de leurs congénères et qu’il existait trois populations bien distinctes dans la zone d’exclusion.

La première vit directement dans la centrale où règne la plus forte radioactivité, la seconde dans l’ancienne zone résidentielle de Tchernobyl qui est à l’abandon alors que le troisième génome a été découvert dans la zone qui accueille aujourd’hui des personnes qui vivent sur place pour la surveillance de la centrale.

Le fait de distinguer ces trois génomes est vraiment intrigant pour les chercheurs qui veulent désormais déterminer dans quelle mesure les radiations ont permis ces mutations génétiques qui ont fini par produire ces trois familles de chiens errants. Aussi, les scientifiques vont se baser sur ces travaux pour déterminer comment des mammifères ont réussi à survivre et à proliférer dans un environnement si hostile pour la santé.

Sebastien Veyrier

Spécialiste Environnement

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