Se faire opérer du cœur l’après-midi réduirait les risques de graves complications
Selon une étude lilloise, se faire opérer du cœur l'après-midi serait préférable à des interventions matinales de par un risque réduit, dans le premier cas, de développer de graves complications.
Se faire opérer du cœur est une chance et un droit, mais ce que l’on ignorait moins, c’est que les probabilités de graves complications dépendraient du moment de la journée où l’intervention a eu lieu. Une étude dont les résultats paraissent en ce jour dans la revue britannique The Lancet affirme ainsi que le risque est deux fois moindre l’après-midi.
Ces travaux ont duré près de sept ans, en ayant démarré en janvier 2009 pour se conclure au mois de décembre 2015. En l’espace de 500 jours, ce sont quelque 600 patients qui ont été suivis après avoir subi une opération du cœur, soit le remplacement d’une valve cardiaque ou un pontage coronarien à cœur ouvert.
Deux fois moins de risque de graves complications si opéré du cœur l’après-midi
Il est à préciser que la moitié de ces malades ont été opérés au CHRU de Lille le matin, et les autres l’après-midi. Les résultats sont éloquents car les patients opérés l’après-midi n’ont « que » 9,4% de risque de contracter de graves complications contre 18,1 % pour ceux opérés en matinée.
Cité par 20minutes.fr, le cardiologue et co-signataire de l’étude David Montaigne déclare que « la compréhension de ce mécanisme permet d’envisager de nouvelles voies thérapeutiques ». Et d’ajouter que « la chirurgie cardiaque est sûre avec très peu de complications de manière globale, mais quand on regarde dans le détail, il semble que la chirurgie l’après-midi confère une protection au cœur ».
Quelque 20.000 interventions du genre chaque année en France
Le professeur Bart Staels de l’université et du Centre Hospitalier Régional Universitaire (CHRU), qui a lui aussi participé aux recherches, soutient la pertinence de la découverte : « Le moment de la journée, donc l’horloge biologique et le rythme circadien, influence la réponse du patient à ce genre d’opération. La différence n’est pas négligeable ».
On estime que chaque année en France, quelque 20.000 personnes sont opérées du cœur, la plupart du temps pour cause de vieillesse, diabète ou obésité.