Retour du service militaire en France : et dans le reste de l’Europe ?

Alors que la France envisage de rétablir le service militaire, de nombreux pays européens ont déjà choisi de le conserver, de le réformer ou d’y renoncer. Panorama des différentes politiques de conscription actuellement en vigueur sur le continent.

Gros plan sur des bottes marchant sur un chemin terreux
Image d'illustration. Gros plan sur des bottes marchant sur un chemin terreux — ADN

Tl;dr

  • De nombreux pays européens maintiennent ou rétablissent la conscription.
  • La France prépare un service national volontaire dès 2026.
  • Certains États privilégient désormais le volontariat militaire.

Europe : des politiques de conscription en pleine mutation

Difficile d’ignorer, ces derniers mois, le retour de la question du service militaire dans plusieurs pays d’Europe. Alors que la France s’apprête à lancer, dès l’été 2026, un nouveau « service national » sur la base du volontariat, un rapide tour d’horizon montre que les choix divergent largement sur le continent.

Des services obligatoires jamais abolis… ou rétablis

Si certains pays n’ont jamais tourné le dos à la conscription obligatoire, d’autres y reviennent sous l’effet de tensions régionales. Au nord, par exemple, la Finlande impose un service militaire compris entre six et douze mois pour les hommes – les femmes pouvant s’engager volontairement –, suivi d’une période de réserve prolongée. Le Danemark a récemment étendu la durée de son service obligatoire jusqu’à onze mois et l’a ouvert aux femmes depuis juillet dernier. De même, en Norvège et en Suède, la parité progresse : là-bas, hommes et femmes peuvent être appelés.

L’Estonie, Chypre, mais aussi l’Autriche et la Suisse, n’ont jamais supprimé cette obligation pour les hommes ; chez eux aussi, les femmes sont accueillies sur une base volontaire. Plus au sud, la Grèce continue d’imposer à ses jeunes hommes un engagement de neuf à douze mois.

On note également une vague récente de rétablissement du service obligatoire : la Lituanie (2015), puis la Lettonie (2023) ont remis en place une conscription pour répondre aux nouvelles inquiétudes sécuritaires. La Croatie a voté son retour effectif dès 2026.

La France se relance dans l’expérience

Du côté français, après avoir suspendu la conscription en 1997, l’État s’apprête donc à instaurer un nouveau service national volontaire de dix mois. Près de 3 000 jeunes devraient être concernés lors de sa première année ; ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 50 000 en 2035 si le dispositif atteint sa vitesse de croisière. Notons que ces missions se dérouleront exclusivement sur le territoire national.

L’Europe occidentale opte pour le volontariat

Pendant ce temps-là, plusieurs voisins persistent à miser uniquement sur des dispositifs volontaires. Parmi eux :

  • Belgique lancera en 2026 un service volontaire ouvert aux deux sexes.
  • Pays-Bas, Bulgarie, Roumanie et bientôt peut-être l’Allemagne, qui prévoit un projet similaire.

Loin derrière, le Royaume-Uni ne prévoit aucun retour de la conscription – sujet définitivement écarté par le gouvernement actuel –, tandis qu’en Pologne ou Espagne, on préfère des formations militaires optionnelles limitées dans le temps.

Face à ces évolutions contrastées, l’Europe dessine donc une mosaïque complexe où se croisent tradition militaire et adaptation aux enjeux contemporains – sécurité régionale oblige.

Jérôme Nelra

Spécialiste International

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