Prétendant souffrir d’une leucémie, elle détourne plus de 80 000 euros grâce à des cagnottes en ligne

Une femme a réussi à duper des milliers d’internautes en prétendant souffrir d’une leucémie. Grâce à cette supercherie diffusée sur des plateformes de cagnottes en ligne, elle a récolté plus de 80 000 euros auprès de donateurs trompés.

Arnaque internet
Image d'illustration. Arnaque internet — ADN

Tl;dr

  • Une institutrice a simulé une leucémie pour collecter 82 700 €.
  • Plus de 1 000 donateurs ont été trompés via Leetchi.
  • Douze mois de prison avec sursis requis, décision attendue.

Un système d’escroquerie savamment orchestré

La confiance, parfois, peut se révéler être un piège redoutable. Entre 2015 et 2020, plus d’un millier de donateurs ont vu leur générosité détournée par une institutrice de Bordeaux, aujourd’hui au cœur d’une affaire d’ampleur. Grâce à trois cagnottes ouvertes sur la plateforme Leetchi, celle-ci a réussi à collecter près de 82 700 euros, prétendant lutter contre une leucémie nécessitant un traitement par cellules souches. Pourtant, derrière cette histoire poignante, les enquêteurs ont mis au jour une supercherie complexe, portée par une manipulation émotionnelle minutieusement menée.

L’ingéniosité derrière la fraude

Pour crédibiliser sa fausse maladie, la prévenue n’a pas hésité à produire deux attestations médicales falsifiées et à publier des photographies simulant des séjours hospitaliers. La diversification des cagnottes et la répétition des appels à l’aide ont ancré le mensonge dans l’esprit du public. En réalité, les sommes collectées servaient à financer des achats personnels – smartphone, cabanon, voyages ou encore van – bien loin du but affiché. Selon l’accusation, tous ces éléments accréditent l’intention frauduleuse qui sous-tend cette affaire.

Des motivations personnelles à la barre

Lorsque le dossier est arrivé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, la principale intéressée a évoqué un enchaînement de mensonges initiés par « la peur de perdre son conjoint », avant d’admettre s’être laissée happer par sa propre histoire. Son ex-mari, décrit comme réservé et peu impliqué dans les vérifications médicales, assure avoir géré les fonds en toute confiance – ce qui soulève encore la question de sa responsabilité effective. Face à ces faits, le parquet retient les chefs d’escroquerie, ainsi que de faux et usage de faux. Douze mois de prison avec sursis sont requis contre le couple ; le jugement a été mis en délibéré au 30 octobre.

Mise en garde et enseignements pour les donateurs

Cette affaire met en lumière la facilité avec laquelle l’émotion collective peut être exploitée via les plateformes numériques. Pour se prémunir contre ce type d’abus, il convient désormais d’observer plusieurs règles élémentaires :

  • S’assurer que les justificatifs médicaux sont authentiques ;
  • S’informer auprès de sources indépendantes ;
  • Privilégier les dons à des associations reconnues pour des causes sensibles.

La solidarité mérite mieux que la naïveté : face à la viralité des appels aux dons en ligne, vigilance et discernement doivent rester nos meilleurs alliés.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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