Pic démographique français attendu en 2040 malgré une baisse de la natalité

Image d'illustration. Drapeau français au ventADN
La France pourrait atteindre un pic démographique avec 70 millions d'habitants en 2040, mais pourquoi anticipons-nous un déclin de la population par la suite ?
Tl;dr
- La population française devrait atteindre 70 millions d’habitants vers 2040.
- La fécondité en baisse pourrait entraîner un excès de décès dès 2027.
- La croissance démographique repose désormais sur le solde migratoire.
Projection démographique : une France à 70 millions d’habitants ?
Selon une étude récente de l’Institut national d’études démographiques (Ined), la population française devrait atteindre un « pic » d’environ 70 millions d’habitants dans les années 2040, malgré une natalité en berne. Au 1er janvier 2025, le pays comptait environ 68,6 millions d’habitants, soit une augmentation annuelle de 0,25%.
Un solde naturel en diminution
L’étude souligne que le solde naturel, c’est-à-dire la différence entre le nombre de naissances et de décès, ne contribue qu’à hauteur d’un dixième à la croissance de la population. Deux facteurs principaux expliquent cette tendance. D’une part, le nombre de décès a augmenté avec l’arrivée des générations du baby-boom à des âges de forte mortalité. D’autre part, le nombre de naissances a diminué en raison d’un repli de la fécondité.
Une fécondité en baisse
Les démographes évoquent plusieurs causes à ce repli de la fécondité : les aspirations des Français qui évoluent, ou encore des inquiétudes liées à des incertitudes économiques, politiques ou climatiques. « Il y a une perspective un peu vertigineuse de la disparition de la population. Mais en France, on n’est pas du tout dans cette situation-là. », commente Laurent Toulemon, l’un des co-auteurs de l’étude de l’Ined.
Si la fécondité se maintient au niveau de 2024, soit 1,62 enfant par femme, le nombre de décès pourrait être supérieur à celui des naissances dès 2027.
Le solde migratoire, moteur de la croissance démographique
Dans l’Hexagone, la croissance de la population repose désormais principalement sur le solde migratoire, c’est-à-dire la différence entre le nombre de personnes entrées et celles sorties du territoire. « Il y a tout un effort de la société à faire pour bien accueillir les migrants, qui sont un apport à la population et une richesse à condition qu’ils soient intégrés. », souligne Laurent Toulemon.
Si la natalité et le solde migratoire se maintiennent au niveau de 2024, la population pourrait encore augmenter pendant deux décennies pour atteindre un plafond de 70 millions d’habitants dans les années 2040 avant de refluer progressivement pour s’établir à 68 millions en 2070.
Une population de plus en plus âgée
En dépit de ces projections, l’Ined rappelle que des variations du taux de fécondité, du solde migratoire ou encore des chocs sanitaires pourraient modifier la taille et la composition de la population future. Ce qui est certain, c’est que la population française va vieillir de manière significative, ce qui entraînera une hausse des besoins en services à la personne.