Lucasfilm perd officiellement sa présidente historique

Image d'illustration. LucasfilmLucasfilm / PR-ADN
Après plus d’une décennie à la présidence, Kathleen Kennedy quitte Lucasfilm, laissant le studio entre les mains de Dave Filoni et Lynwen Brennan.
Tl;dr
- Kathleen Kennedy quitte la présidence de Lucasfilm, après avoir dirigé le studio pendant une décennie et supervisé des succès comme The Mandalorian et Star Wars: Andor.
- Elle prévoit de produire plus de films diversifiés et d’explorer l’IA générative, en insistant sur une utilisation responsable et la protection des droits des artistes.
- Son départ symbolise la tension à Hollywood entre héritage humain et adoption des nouvelles technologies, alors que le cinéma s’interroge sur l’impact de l’IA sur la créativité.
Un changement historique à la tête de Lucasfilm
Après plus d’une décennie de rumeurs et de spéculations, un tournant majeur vient d’être franchi pour Lucasfilm. La très influente Kathleen Kennedy a officiellement quitté la présidence du studio. Figure incontournable du cinéma américain, elle avait été choisie par George Lucas pour assurer la transition lors du rachat par Disney en 2012, une opération à 4 milliards de dollars qui a redéfini le paysage hollywoodien. Sous sa direction, le studio a connu des succès critiques comme The Mandalorian ou encore Star Wars: Andor, tout en essuyant les critiques acerbes suscitées par la dernière trilogie Star Wars. Aujourd’hui, c’est le duo composé de Dave Filoni et Lynwen Brennan qui reprend les commandes.
Plus de films et plus de diversité : la feuille de route de Kathleen Kennedy
Dans un entretien fleuve accordé à Deadline, Kathleen Kennedy s’est confiée sans détour sur ses projets : « Je veux faire plus de films, retrouver cette diversité de projets que j’aimais tant. J’ai hâte de retravailler avec Frank Marshall, et je m’intéresse beaucoup aux nouvelles technologies ». Derrière ce terme se cache une intention claire : explorer les possibilités offertes par l’intelligence artificielle générative. Elle précise vouloir « utiliser ces outils avec responsabilité, tout en protégeant les droits des artistes ». Une démarche prudente, mais volontariste.
L’IA générative, un outil révolutionnaire ou une menace pour l’art ?
Ce virage technologique alimente un débat vif dans toute l’industrie. Beaucoup voient dans l’IA générative une menace pour la dimension profondément humaine du cinéma. Certes, ces systèmes – bâtis sur d’immenses bases de données – savent recombiner efficacement ce qui existe déjà ; toutefois, ils restent incapables d’insuffler une intention ou une vision authentiquement singulière. À force de privilégier la rentabilité et la répétition, Hollywood risque-t-il d’appauvrir sa créativité ?
Voici quelques-unes des craintes exprimées :
- L’uniformisation des récits menace la diversité artistique.
- L’absence de perspective humaine affaiblit la portée émotionnelle.
- L’innovation pourrait céder le pas à une esthétique standardisée.
Perspectives et incertitudes à Hollywood
Pourtant, Kathleen Kennedy nuance : « Certaines histoires nécessiteront toujours une approche humaine ; mais pour les grandes fresques visuelles, l’IA peut ouvrir des horizons inédits ». Alors que le secteur s’interroge sur sa propre mutation, le départ de Kathleen Kennedy sonne comme un symbole : celui d’une industrie partagée entre fidélité à son héritage et appétit pour les révolutions technologiques.