- Des tests salivaires inopinés seront menés.
- Les postes sensibles sont prioritairement visés.
- Les ministres doivent agir avant le 26 juin.
Les ministres ont jusqu’au 26 juin 2026 pour transmettre à Matignon leur plan de dépistage des stupéfiants. Dans une circulaire datée du mardi 16 juin 2026, Sébastien Lecornu demande des contrôles inopinés et obligatoires dans les ministères, avec une cible précise, les agents exposés à des missions sensibles.
Un plan à boucler en dix jours
La consigne est nette. Chaque ministre doit établir une liste des emplois susceptibles d’être soumis à un dépistage régulier, puis faire remonter un plan d’action au chef du gouvernement avant la fin du mois. Pas de long délai de préparation, donc.
La circulaire, consultée par l’AFP, fixe un cadre commun à l’ensemble des ministères. L’objectif n’est pas un contrôle généralisé de tous les agents, mais un dispositif ciblé, rapidement opérationnel.
Qui sera visé par les tests
Les dépistages prendront la forme de tests salivaires. Ils concerneront notamment les hauts fonctionnaires, mais aussi les agents ayant accès à des informations sensibles ou disposant d’une habilitation.
Dans les faits, les secteurs de la défense et de la sécurité sont explicitement mentionnés. Ce sont les postes où une consommation de drogue est considérée comme la plus problématique, à la fois pour l’exercice de la mission et pour la protection de données jugées sensibles.
L’argument de la vulnérabilité
Si Sébastien Lecornu serre la vis, c’est parce que le gouvernement estime qu’un agent public consommant des stupéfiants s’expose lui-même, fragilise le service et peut devenir une cible. La circulaire évoque le risque d’exploitation par des groupes de pression, des réseaux criminels ou des manœuvres d’ingérence.
L’entourage du ministre fait aussi valoir que l’État ne peut pas afficher une ligne dure contre le narcotrafic sans s’appliquer à lui-même les mêmes règles. L’argument avancé repose sur deux idées, l’exemplarité et la sécurité, en lien avec les responsabilités exercées.
Matignon a déjà lancé un contrôle
Un dépistage inopiné a déjà été organisé au sein du cabinet du Premier ministre, il y a environ deux semaines. Matignon a donc, en quelque sorte, ouvert la voie avant la généralisation du dispositif.
En cas de résultat positif, les ministres pourront décider des suites à donner, y compris sur le terrain disciplinaire. Les agents concernés pourront aussi être orientés vers des structures de soins.
Dernier élément de contexte, révélé par Le Canard Enchaîné dans son édition du 17 février, un membre du cabinet du Premier ministre avait dû être exfiltré de Matignon pour consommation de drogue à la fin de l’année 2025. Il occupait un poste de conseiller sur les questions agricoles et travaillait déjà avant l’arrivée de Sébastien Lecornu.