Le West Nile, virus potentiellement mortel transmis par les moustiques, gagne du terrain en France

Image d'illustration. Moustique emporté par la briseADN
Le virus du Nil occidental, transmis à l’homme par les piqûres de moustiques infectés, gagne du terrain en France. Cette maladie, généralement asymptomatique mais parfois grave, suscite l’inquiétude des autorités sanitaires face à son extension géographique.
Tl;dr
- Premiers cas autochtones du virus du Nil en Île-de-France.
- Transmission par moustique, symptômes souvent bénins.
- Pas de vaccin, prévention contre les piqûres essentielle.
Le virus du Nil occidental gagne l’Île-de-France : une première inquiétante
Jusqu’ici cantonné au pourtour méditerranéen, le virus du Nil occidental fait désormais parler de lui en région parisienne. Les autorités sanitaires ont annoncé, mercredi 13 août 2025, l’identification de deux cas autochtones en Seine-Saint-Denis.
Il s’agit là d’une « situation inédite » pour l’Île-de-France, soulignant la progression préoccupante de cet arbovirus transmis par les moustiques.
L’expansion progressive d’un arbovirus sous surveillance
Découvert en 1937 dans le district ougandais de West Nile, ce virus a déjà causé plusieurs épidémies à travers l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie occidentale et l’Europe. En France métropolitaine, il avait jusque-là été régulièrement repéré sur la côte méditerranéenne.
Pourtant, depuis 2010, une extension lente mais continue s’observe vers le nord du continent européen, associée à une augmentation des formes neuro-invasives. Un premier cas autochtone avait été recensé dès juillet dans le Var, à Hyères. L’an dernier, trois autres avaient également été signalés dans ce département.
Mécanismes de transmission et tableau clinique varié
Le principal réservoir naturel demeure l’oiseau ; cependant, humains comme chevaux peuvent contracter le virus via la piqûre d’un moustique infecté du genre Culex. Notons que ni l’homme ni le cheval ne contribuent ensuite à la dissémination du virus — leur virémie reste trop faible pour contaminer d’autres moustiques.
Les symptômes ? Dans près de 80 % des cas, rien à signaler. Mais lorsque la maladie se manifeste, elle prend souvent la forme d’une fièvre brutale accompagnée parfois de douleurs musculaires ou abdominales, toux, adénopathies cervicales ou éruptions cutanées. Plus rarement apparaissent nausées ou diarrhées.
Une complication neurologique grave peut toutefois survenir dans moins de 1 % des situations : méningite, encéphalite voire syndrome de Guillain-Barré figurent parmi les risques majeurs recensés. D’autres atteintes encore plus rares (hépatite, pancréatite ou myocardite) sont possibles. Le pronostic est généralement favorable mais certaines séquelles persistent parfois ; chez les personnes âgées notamment, l’infection peut s’avérer mortelle.
Prévention et absence de traitement curatif
Aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe actuellement contre ce virus émergent. La prise en charge repose uniquement sur les symptômes. Seuls des examens biologiques permettent d’établir un diagnostic précis — analyses sanguines et ponctions lombaires au besoin.
La meilleure défense reste donc la prévention contre les piqûres : vêtements couvrants, répulsifs adaptés ou moustiquaires sont recommandés. Collectivement aussi, il importe d’éliminer les gîtes larvaires afin de limiter la prolifération des moustiques porteurs.