Au Canada, un cousin bien plus ancien du T-Rex refait surface

Une nouvelle espèce de tyrannosauridé a été identifiée au Canada, une première depuis un demi-siècle. Elle pourrait être le plus ancien proche du T-Rex en Amérique du Nord.

Ouvrier Rex sur une route au Canada
Image d'illustration. Rex remet en état des surfaces au Canada. — ADN

En bref

  • Nouvelle espèce découverte au Canada
  • Un proche du T-Rex très ancien
  • Son museau le distingue nettement

Il vivait il y a au moins 79 millions d’années, soit bien avant le T-Rex connu du grand public. Et c’est ce décalage qui compte, parce que ce grand carnivore pourrait être le plus ancien membre de la famille des tyrannosauridés identifié en Amérique du Nord.

Un parent du T-Rex plus vieux que prévu

Le dinosaure a été baptisé Thanatotheristes degrootorum, un nom que l’on peut résumer par « le faucheur de la mort ». Il appartenait à la même grande famille que le T-Rex, mais dans une période bien plus ancienne. Là où le célèbre prédateur vivait il y a environ 66 millions d’années, ce cousin plus lointain arpentait le continent au moins 13 millions d’années plus tôt.

Pour les chercheurs, l’intérêt est là. Ce fossile éclaire un moment plus ancien de l’histoire des tyrannosauridés, un groupe finalement peu fourni en espèces, même si leurs formes variaient beaucoup.

Une découverte rare au Canada

Cela faisait cinquante ans qu’une nouvelle espèce de tyrannosauridé n’avait pas été décrite au Canada. L’étude, publiée dans Cretaceous Research, marque donc une étape importante pour la paléontologie du pays.

La paléontologue Darla Zelenitsky, de l’Université de Calgary et coautrice des travaux, rappelle d’ailleurs que les tyrannosaures n’étaient pas un bloc uniforme. Elle explique, en substance, qu’il existe peu d’espèces de tyrannosauridés, mais beaucoup de différences entre elles. Bref, sous une même étiquette, on trouve des animaux assez distincts.

Un crâne incomplet, mais un museau très distinct

Les restes retrouvés sont modestes. Seules quelques parties d’un crâne de moins d’un mètre ont été mises au jour. Pas de squelette complet, donc. Mais assez pour isoler des traits propres à l’animal.

Le détail qui ressort, c’est son museau long et profond. C’est ce qui le sépare des autres groupes connus. Les chercheurs estiment aussi que ce carnivore pouvait atteindre jusqu’à huit mètres de long, ce qui en faisait déjà un très gros prédateur.

Un grand prédateur, forcément peu fréquent

Si ce type de découverte reste rare, ce n’est pas seulement une question de chance. Darla Zelenitsky rappelle que ces grands carnivores occupaient le sommet de la chaîne alimentaire. Du coup, ils étaient moins nombreux que les herbivores.

La logique est assez simple. Dans un écosystème, les animaux tout en haut de la chaîne sont toujours plus rares. Moins d’individus, donc moins de fossiles potentiels. Résultat, chaque fragment compte quand il s’agit de reconstituer l’histoire des proches du T-Rex.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi cette découverte attire autant l’attention ?

Parce qu’elle combine deux éléments rares. D’un côté, il s’agit d’une nouvelle espèce de tyrannosauridé identifiée au Canada, une première depuis un demi-siècle. De l’autre, elle pourrait occuper une place très ancienne dans l’arbre de cette famille, ce qui aide à mieux comprendre son évolution.

Qu’est-ce qu’un tyrannosauridé exactement ?

C’est la famille de dinosaures carnivores à laquelle appartient le T-Rex. On y range de grands prédateurs bipèdes, avec un crâne massif et des dents adaptées à la chasse. Tous ne se ressemblaient pas parfaitement, et c’est justement ce que montre ce nouveau fossile.

Comment les scientifiques peuvent-ils identifier une espèce avec si peu d’os ?

Ils comparent la forme des os retrouvés à celle d’autres fossiles déjà décrits. Un morceau de crâne peut suffire si certaines caractéristiques sont vraiment distinctives. Ici, la forme du museau a joué un rôle central dans l’identification.

Pourquoi les grands carnivores sont-ils moins souvent retrouvés ?

Parce qu’ils étaient moins nombreux de leur vivant. Un prédateur au sommet de la chaîne alimentaire dépend d’un grand nombre de proies pour survivre. Cette rareté se retrouve ensuite dans les fossiles, qui laissent moins de traces que ceux d’animaux herbivores bien plus abondants.

Jérôme Nelra

Spécialiste Sciences

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