En bref
- La collaboration entre Joaquin Phoenix et Robert De Niro commence de manière particulièrement froide sur le plateau du film Joker.
- Une lecture du scénario tourne mal et révèle leurs méthodes de jeu très différentes.
- Todd Phillips les pousse à discuter, ce qui permet finalement de débloquer leur relation.
Sur Joker, la tension ne se limitait pas à l’écran. Entre Joaquin Phoenix et Robert De Niro, le début de collaboration a été franchement rugueux, alors même que leurs personnages, Arthur Fleck et Murray Franklin, partagent plusieurs scènes décisives dans le film de Todd Phillips.
Un duo clé, mais pas vraiment chaleureux
Dans le film, Murray Franklin, animateur de talk-show, joue un rôle central dans la chute d’Arthur Fleck, humoriste raté devenu phénomène viral pour les mauvaises raisons. Hors caméra, l’ambiance n’était pas beaucoup plus fluide.
D’après ce qui a été raconté à Vanity Fair, les deux acteurs se parlaient à peine sur le plateau. Joaquin Phoenix a expliqué qu’ils s’étaient dit bonjour le premier jour, puis presque rien ensuite. De son côté, Robert De Niro estimait qu’ils n’avaient pas besoin d’échanger davantage et qu’il suffisait de travailler en restant dans la logique des personnages. Le genre de distance qui colle parfaitement au film.
Deux façons de jouer qui se heurtent
Le plus intéressant, c’est que Joaquin Phoenix admire énormément Robert De Niro. Il l’a même présenté comme son acteur américain préféré, en saluant sa façon d’exister dans une scène, même lorsque la caméra n’est pas braquée sur lui.
Mais leur approche du jeu divergeait. Joaquin Phoenix cherche quelque chose de très instinctif, presque documentaire, avec des gestes et des réactions qui naissent sur le moment. Robert De Niro, lui, défend une préparation plus classique, avec lecture complète du script et répétitions plus cadrées. Et là, ça a coincé.
La lecture de script a tourné au malaise
Selon Todd Phillips, Robert De Niro tenait absolument à une lecture avant le tournage. Joaquin Phoenix, lui, n’en voulait pas du tout. Le réalisateur s’est retrouvé au milieu, avec un acteur qui refusait et l’autre qui considérait l’exercice comme normal.
Joaquin Phoenix a finalement accepté de se rendre aux bureaux de Robert De Niro, à Manhattan. Sauf que la séance s’est mal passée. Il aurait marmonné son texte, puis s’est isolé pour fumer dans un coin de la pièce. Invité ensuite dans le bureau de son partenaire, il a refusé, disant qu’il devait rentrer parce qu’il se sentait mal après cette lecture. Résultat, un vrai moment de flottement.
Une discussion a fini par débloquer la situation
Après cet épisode, Todd Phillips a poussé Joaquin Phoenix à parler avec Robert De Niro. La rencontre a fini par avoir lieu et, d’après le réalisateur, les deux hommes ont réglé quelques points mineurs. À un moment, Robert De Niro a pris le visage de Joaquin Phoenix dans ses mains avant de l’embrasser sur la joue en lui lançant : « Ça va aller, mon petit ».
La suite, on la connaît. Les scènes finales entre Arthur et Murray dégagent une énergie assez folle, au point qu’on peut se demander si cette friction n’a pas aussi nourri le film. James Gray, qui a dirigé Phoenix sur Two Lovers, l’a d’ailleurs décrit auprès d’Esquire comme quelqu’un de tendre et sensible hors caméra, qui canalise son intensité dans ses rôles. Sur Joker, ça se voit jusqu’au dernier face-à-face.