Incendie à Crans-Montana : les raisons d’une enquête française malgré un drame sur sol suisse

Image d'illustration. Fragments de bois carbonisés après incendieADN
Après le drame survenu à Crans-Montana, les autorités françaises ont lancé une enquête, bien que l’incendie ait eu lieu en Suisse. Cette décision interroge, alors que plusieurs victimes sont de nationalité française et que la coopération judiciaire s’organise.
Tl;dr
- Neuf Français morts dans l’incendie du Nouvel An.
- Enquête ouverte par le parquet de Paris.
- Le drame lié à des bougies « fontaines ».
Une tragédie franco-suisse au cœur de la nuit
L’entrée dans l’année 2026 a été marquée par le drame de Crans-Montana. Un incendie, survenu dans la nuit du Nouvel An dans le sous-sol de l’établissement « Le Constellation », a bouleversé la communauté locale et touché de nombreuses familles françaises.
Le bilan est lourd : selon la police cantonale du Valais, quarante personnes âgées de 14 à 39 ans ont perdu la vie, dont la moitié étaient mineurs. Parmi les victimes figurent dix-huit étrangers et vingt-deux Suisses – dont un binationaux franco-suisse.
Des Français durement frappés
La tragédie n’a pas épargné l’Hexagone : neuf ressortissants français, dont plusieurs mineurs, ont péri dans les flammes. Vingt-trois autres ont été blessés, certains grièvement. La procureure de Paris, Laure Beccuau, a exprimé sa « plus profonde compassion, ainsi qu’à leurs proches ». Pour accompagner au mieux ces familles endeuillées ou touchées, le pôle « accidents collectifs » du parquet parisien s’est mobilisé.
Cette démarche vise avant tout à offrir un interlocuteur dédié en France et faciliter les échanges avec les autorités suisses.
L’origine de l’incendie et les suites judiciaires
D’après les premiers éléments de l’enquête, le feu aurait démarré à cause de bougies dites « fontaines », utilisées lors des festivités et qui auraient piégé des dizaines de jeunes – principalement des adolescents et jeunes adultes – présents ce soir-là.
Plus encore, le bar concerné appartient à deux ressortissants français, Jacques et Jessica Moretti. Tous deux font désormais l’objet d’une enquête pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence », mais n’ont pas été placés en détention ni assignés à résidence – une décision qui interroge.
Soutien aux victimes et hommage national
Face à cette catastrophe sans précédent, plusieurs dispositifs d’accompagnement ont été activés. L’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), relevant de la direction nationale de la police judiciaire française, supervise désormais les investigations côté hexagonal. Par ailleurs, la fédération France victimes offre un soutien psychologique et juridique aux familles impliquées.
Enfin, une cérémonie d’hommage se tiendra vendredi en Suisse en mémoire des disparus. La présence annoncée du président Emmanuel Macron, confirmée par sa porte-parole, souligne le caractère profondément transfrontalier et humain de ce drame.