Google face aux IA génératives : les clés de la recherche

Les chatbots explorent des sources ignorées par les moteurs classiques pour fournir des réponses plus pointues.

Chatbot AI
Image d'illustration. Chatbot AI — ADN

Tl;dr

  • Des chercheurs ont analysé Google, Gemini 2.5 et GPT-4o pour voir comment chacun répond à un même ensemble de questions.
  • Les IA explorent des sources moins visibles et privilégient la profondeur, tandis que Google mise sur lisibilité et accessibilité.
  • Aucune méthode ne domine, et les chercheurs soulignent la nécessité de repenser les critères d’évaluation face aux outils génératifs.

Des approches radicalement différentes de la recherche en ligne

S’intéresser aux différences entre chatbots IA et moteurs de recherche traditionnels, c’est plonger dans une rivalité technologique aux conséquences inattendues. Une équipe de chercheurs issus de la Ruhr University Bochum et du Max Planck Institute for Software Systems a récemment mis en parallèle les résultats fournis par Google, ses « AI overviews », le modèle Gemini 2.5, ainsi que la recherche web via GPT-4o. L’objectif : comparer la façon dont chaque système répond à un même ensemble de questions – qu’il s’agisse d’achats en ligne, d’interrogations politiques ou de recherches très précises.

Diversité des sources, profondeur insoupçonnée

Ce qui frappe en premier lieu, c’est l’étendue insoupçonnée des sources explorées par les outils d’intelligence artificielle générative. Selon l’étude, ces systèmes puisent leurs réponses dans des pages reléguées au-delà du millième résultat sur Google, parfois même parmi des sites que les classements conventionnels ignorent. La tendance est particulièrement marquée chez Gemini, qui va fréquemment chercher des liens issus de domaines peu populaires. Pour illustrer cette divergence, moins de 30% des résultats produits lors d’une recherche produit se recoupaient entre Google et les IA ; ce taux descendait sous les 50% pour l’ensemble des requêtes testées.

L’évaluation : pertinence ou visibilité ?

Mais cette diversification des sources est-elle un atout ou un défaut ? À première vue, le recours à des contenus peu exposés pourrait inquiéter. Pourtant, les auteurs du rapport soulignent que les IA se montrent sélectives quant à la qualité : elles citent volontiers des références institutionnelles ou encyclopédiques, tout en écartant les réseaux sociaux. Leur fonctionnement diffère fondamentalement de celui d’un moteur classique : alors que Google part du principe que l’utilisateur ignore tout sur le sujet et cherche à lui présenter l’essentiel de manière accessible, un chatbot comme GPT-4o s’appuie sur une vaste base interne avant de compléter ses connaissances grâce au web.

Voici ce qui distingue concrètement leur approche :

  • Moteurs classiques : privilégient la lisibilité et l’accessibilité.
  • IA génératives : valorisent l’exactitude et la profondeur.

Aucune suprématie tranchée… mais beaucoup de questions ouvertes

En définitive, impossible pour le moment d’affirmer quelle méthode l’emporte sur l’autre. Les chercheurs invitent même à repenser nos critères d’évaluation pour comprendre comment fonctionnent ces nouveaux outils génératifs. Comme souvent avec l’IA moderne, ses processus internes restent opaques — impossible de savoir précisément pourquoi une source est choisie plutôt qu’une autre. Ce chantier s’annonce vaste… et passionnant pour qui souhaite saisir ce basculement discret mais décisif dans notre rapport à l’information.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

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