Grande distribution : E. Leclerc écope d’une amende colossale de 38 millions d’euros

Illustration. Un supermarché. ADN
Le groupe E. Leclerc a été pénalisé par le biais de sa centrale d'achat européenne, Eurelec, pour n'avoir pas respecté les délais de négociations avec 62 de ses fournisseurs. Quelles seront les conséquences de cette sanction pour le groupe ?
TL;DR
- Le groupe E. Leclerc a été condamné à une amende record de 38 millions d’euros.
- Cette sanction est due au non-respect des délais de négociation avec 62 fournisseurs.
- L’enseigne détient 23,8 % des parts de marché dans la grande distribution.
La landing financière du géant de la distribution E. Leclerc
Avec son slogan historique « Acheter moins cher pour vendre moins cher », le groupe E. Leclerc s’est imposé comme le leader indéboulonnable de la grande distribution en France.
Mais cette quête de bas prix aurait-elle été menée au mépris de la loi ? Ce mercredi, une amende record de 38 millions d’euros, soit 0,08 % de son chiffre d’affaires prévu en 2023, est venue assombrir le tableau d’honneur du premier distributeur français.
Une sanction pour non-respect des délais de négociation
La sanction est tombée comme un couperet pour le groupe et sa centrale d’achat européenne Eurelec. Les deux entités ont été épinglées pour n’avoir pas respecté les délais de négociation avec 62 de leurs fournisseurs.
Un cas de déjà-vu pour la filiale, déjà prise en défaut en septembre 2020 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), et contrainte à régler une amende de 6,34 millions d’euros.
Le poids de l’enseigne inquiète
Les sanctions ne sont pourtant pas venues par surprise. Michel-Edouard Leclerc, avait anticipé ces potentielles « assignations et sanctions » en février dernier, se sentant même personnellement visé par un groupe de députés de la majorité.
Mais ce n’est pas simplement le pouvoir politique qui s’inquiète de la force de frappe du groupe en possession d’un quart des parts de marché. Certains fournisseurs y voient également un danger : « Le rapport de force est déséquilibré, Leclerc pèse près d’un quart du marché. Il y a un risque d’oligopole », avançait ainsi une figure du secteur laitier.
Le modèle basé sur la confrontation de l’achat moins cher pour vendre moins cher, n’est-ce pas finalement un jeu à somme nulle, où seule la loi rappelle à l’ordre le géant du commerce de détail ? Cette question est laissée à l’appréciation de chacun.