Cette formule que l’on entend partout contient en fait une faute

Entre deux tournures très proches, une seule est correcte en français. La nuance change tout, et le piège est plus courant qu’il n’y paraît.

Feuille avec formule et faute visible
Image d'illustration. Une formule entendue partout contient une faute. — ADN

En bref

  • Une seule formule est correcte
  • « sans ignorer » crée un contresens
  • Un test simple permet de trancher

On l’entend souvent, et c’est bien le problème. Entre « vous n’êtes pas sans ignorer » et « vous n’êtes pas sans savoir », l’une passe à l’oreille, l’autre passe en français. Ce n’est pas la même chose.

Une erreur fréquente, justement parce qu’elle sonne juste

Les deux tournures circulent largement, avec une apparence de correction assez trompeuse. Elles semblent porter la même idée, celle d’annoncer une information à quelqu’un en supposant qu’il en a peut-être déjà connaissance, ou qu’il pourrait ne pas la découvrir complètement.

Du coup, le piège est classique. Comme les deux formulations se ressemblent beaucoup, on les confond facilement à l’oral et même à l’écrit.

La bonne formule à garder en tête

Celle qu’il faut retenir, c’est « vous n’êtes pas sans savoir ». RTL la rapporte comme la formule correcte pour introduire une précision adressée à un interlocuteur.

En clair, cette tournure signifie que la personne est supposée être informée. On ne lui prête pas une ignorance, on part plutôt de l’idée inverse.

Pourquoi « ignorer » pose problème ici

C’est là que la nuance compte vraiment. Dire « vous n’êtes pas sans ignorer », c’est construire une formule qui laisse entendre que l’interlocuteur ignore bel et bien ce qu’on va lui dire. Le sens bascule, alors que l’intention, en général, est de suggérer qu’il est déjà au courant.

Le Larousse recommande une autre logique. Pour indiquer qu’une personne est à coup sûr informée, il faut employer « vous n’êtes pas sans savoir que » ou bien « vous n’ignorez pas que ». Le verbe ignorer n’est donc pas interdit, mais il ne fonctionne pas ici avec ce sans de trop.

L’astuce simple pour ne plus se tromper

Si vous hésitez, il existe un repère très simple. Reformulez mentalement avec « savez-vous que… ». La phrase reste naturelle, ce qui confirme que « vous n’êtes pas sans savoir » tient la route.

Essayez maintenant avec « ignorez-vous que… ». C’est beaucoup moins courant, et ça aide à repérer l’expression fautive. Bref, le test est basique, mais il marche quand même bien.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi cette faute est-elle si répandue ?

Parce que les deux expressions ont une musique proche. À l’oral, on retient souvent la forme générale d’une formule plus que son sens précis. Ici, la ressemblance masque un vrai contresens.

Est-ce une faute de grammaire ou de sens ?

C’est surtout une faute de sens. La construction avec « ignorer » et « sans » ne produit pas l’idée recherchée. Elle fait dire l’inverse de ce qu’on veut suggérer à l’interlocuteur.

Peut-on utiliser « vous n’ignorez pas que » sans se tromper ?

Oui. Cette tournure est correcte et elle exprime bien l’idée qu’une personne connaît déjà l’information évoquée. C’est d’ailleurs l’alternative retenue par Le Larousse.

Comment retenir la bonne expression facilement ?

Le plus simple consiste à penser au verbe savoir. Si la phrase peut se reformuler naturellement avec « savez-vous que », vous êtes sur la bonne voie. C’est un moyen mnémotechnique utile, surtout à l’écrit.

Gael Brulin

Spécialiste Insolite

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