Des associations poursuivent l’État pour inaction contre les PFAS

Plusieurs associations ont décidé de saisir la justice afin de dénoncer l’inaction du gouvernement face à la pollution aux substances chimiques PFAS, accusées de persister dans l’environnement. Elles réclament des mesures concrètes pour protéger la santé publique et l’écosystème.

Mains analysant des échantillons d’eau pour contrôle de sécurité environnementale.
Image d'illustration. Gros plan sur des mains tenant des échantillons d eau — ADN

Tl;dr

  • Associations attaquent l’État pour inaction face aux PFAS.
  • Préjudices sanitaires et moraux invoqués, indemnisation réclamée.
  • La France particulièrement exposée à ces « polluants éternels ».

Des associations saisissent la justice contre l’inaction de l’État

En pleine montée des préoccupations environnementales, trois associations – Générations Futures, Notre Affaire à Tous, et Bloom – ainsi que six particuliers vivant dans des zones particulièrement exposées, viennent de déposer un recours devant le tribunal administratif de Paris.

Leur objectif ? Contraindre l’État à prendre des mesures concrètes face à la contamination persistante par les PFAS, ces « polluants éternels » massivement utilisés dans l’industrie chimique. Ces substances, réputées quasi indestructibles, s’infiltrent partout : air, sols, rivières, alimentation… et jusque dans notre organisme.

Un lourd bilan sanitaire chez les Français

Face à ce fléau invisible mais bien réel, les associations pointent une situation préoccupante en France. Selon un rapport du Haut commissariat au plan, publié en octobre 2025, pas moins de 24 % des adolescents français présentent un taux de PFAS sanguin dépassant les seuils recommandés par l’EFSA.

À titre de comparaison, ce taux s’établit à 18 % en Allemagne et seulement 1 % en Espagne. Une contamination qui s’explique aussi par la présence omniprésente de ces substances dans nos objets du quotidien : cosmétiques, vêtements ou emballages alimentaires.

L’État sommé d’agir face aux carences relevées

Les requérants reprochent à l’État ses « carences » persistantes. Si plusieurs rapports officiels ont été produits depuis 2008 sur les dangers des PFAS, il aura fallu attendre février 2024 pour qu’une proposition de loi visant leur encadrement soit déposée par le député écologiste Nicolas Thierry.

Malgré l’adoption du texte, sa mise en œuvre demeure partielle : la création d’une redevance ciblant les industriels pollueurs tarde toujours. En outre, la publication attendue des décrets d’application a été repoussée au printemps dernier, privant ainsi le dispositif de toute efficacité immédiate.

Des indemnisations réclamées pour préjudice moral et anxiété

Estimant que l’inaction publique a directement causé un préjudice moral et une anxiété légitime chez les riverains concernés du Haut-Rhin et de la Haute-Savoie, les associations demandent une réparation financière. Elles sollicitent :

Restera désormais à savoir comment le tribunal se positionnera sur cette procédure inédite qui pourrait faire date dans la lutte contre les « polluants éternels ».

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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