Derrière les blocages du 10 septembre : qui sont les collectifs à l’origine de l’appel ?

Image d'illustration. Vue rapprochée de pieds marchant sur le trottoirADN
Le 10 septembre, plusieurs collectifs comme Les Essentiels et Bloquons tout ont organisé des actions de blocage à travers le pays. Ces groupes, aux revendications variées, entendent faire entendre leur voix face aux autorités et à l’opinion publique.
Tl;dr
- Appels à « tout bloquer » prévus le 10 septembre.
- Mobilisation contre les coupes budgétaires de François Bayrou.
- Large soutien, de collectifs citoyens aux syndicats.
Des appels à la mobilisation inédite le 10 septembre
La rentrée sociale en France s’annonce sous tension : plusieurs collectifs et syndicats appellent à une journée de blocage national le 10 septembre.
À l’origine, des réactions vives contre les importantes coupes budgétaires envisagées par François Bayrou, notamment après ses propositions visant à réaliser 44 milliards d’euros d’économies, dont la suppression de deux jours fériés. Cet appel à l’action, parti d’initiatives marginales au printemps, a rapidement pris de l’ampleur durant l’été.
Une date et des origines multiples
Il faut remonter à mai pour retrouver les premières allusions au 10 septembre sur les réseaux sociaux. Pourtant, ce n’est qu’en juillet que cette échéance commence à circuler plus largement, portée initialement par le collectif souverainiste « Les Essentiels France ».
Relativement discret jusqu’ici avec environ 500 abonnés sur Telegram, ce groupe prône une vision pro-Frexit, dénonce certains groupes d’influence comme les francs-maçons et relaie régulièrement des propos complotistes. À travers leurs messages, le ton se veut radical : « Ici, tu ne trouves pas un simple fil d’actualité, mais un point de ralliement citoyen ». L’idée est claire : s’arrêter pour faire pression sur le système.
L’élargissement du mouvement : du citoyen aux syndicats
Cependant, l’initiative ne reste pas cantonnée aux marges. Dès la mi-juillet, alors que les annonces gouvernementales suscitent la colère, le mot d’ordre gagne en visibilité grâce au collectif « Bloquons tout – Indignons-nous », composé notamment d’ex-Gilets jaunes, militants de gauche radicale ou anciens opposants au passe sanitaire. Leurs revendications s’élargissent autour de thématiques économiques majeures :
- Retraite à 60 ans
- SMIC à 1 800 euros
- Retour de l’ISF
- Mise en place d’une taxe Zucman
Sous la bannière du « non » au budget actuel, ce collectif reçoit rapidement le relais de figures politiques telles que Philippe Poutou, puis celui plus officiel encore du parti La France insoumise, annoncé par Jean-Luc Mélenchon. Quelques jours plus tard, la CGT et l’Union syndicale Solidaires déclarent également leur soutien à ce mouvement qualifié de « première étape » contre le projet gouvernemental.
Derrière la contestation : profils et perspectives
Une enquête récente publiée par la fondation Jean Jaurès souligne que cet appel à tout bloquer mobilise surtout une population issue de la gauche radicale : souvent plus diplômée que la moyenne nationale et résidant davantage dans les petites et moyennes villes.
Si l’on en croit l’effervescence sur les réseaux sociaux et l’implication croissante des syndicats majeurs, il semble bien que le rendez-vous du 10 septembre ait dépassé son caractère anecdotique pour devenir un véritable test social face aux orientations budgétaires du gouvernement français.