Comment Stranger Things a conquis le monde

Une série presque ignorée à ses débuts s’impose comme un phénomène culturel mondial.

Stranger Things Mind Flayer
Image d'illustration. Stranger Things Mind Flayer — Netflix / PR-ADN

Tl;dr

  • Stranger Things, lancée en 2016 avec un casting modeste, devient rapidement un phénomène culturel inattendu.
  • La série connaît un succès massif malgré des débuts modestes et des critiques contrastées sur ses dernières saisons.
  • Netflix peine à retrouver un succès équivalent, mais l’univers de Hawkins se prolonge via des spin-offs et projets dérivés.

L’ombre d’un phénomène culturel

Lorsque Netflix dévoile en 2016 la première saison de Stranger Things, rien ne présage un tel raz-de-marée. À cette époque, ni le public ni les créateurs, Matt et Ross Duffer, n’imaginent que la série deviendra une référence absolue de la série en streaming. Sans stars majeures — hormis une Winona Ryder alors loin de ses années de gloire — et portée par un duo d’auteurs surtout connus pour quelques projets confidentiels, le show est lancé dans une relative discrétion.

Un succès surprise… et durable

Pourtant, dès ses débuts, la série captive. Les attentes étaient basses : selon David Harbour, interprète du shérif Hopper, toute l’équipe anticipait « une catastrophe ». Le comédien se souvient avoir pensé que « personne ne regarderait, que ce serait annulé après une saison ». Un pessimisme partagé jusque chez Netflix, qui préfère miser sur le bouche-à-oreille plutôt qu’une grande campagne marketing. Rapidement, pourtant, l’engouement enfle : nominations aux Emmy Awards (18), critiques enthousiastes et public accroché propulsent Stranger Things au sommet. La série génère même jusqu’à 30 millions de dollars lors de la diffusion en salles de son final.

Difficultés et héritage d’une conclusion controversée

Avec le temps, la saga s’essouffle : si la première saison demeure acclamée, la cinquième est décriée pour ses incohérences et un épilogue interminable. Les fans n’ont pas décoléré face au sort réservé à certains personnages comme Eleven, ou à des intrigues laissées sans réponse. Pourtant, ces critiques n’entament guère l’attachement du public ; l’audience du final atteint des sommets et alimente jusqu’à des théories conspirationnistes comme le « Conformity Gate » — certains croyant que le véritable dernier épisode sortirait plus tard. Force est de constater : malgré ses défauts, la série demeure incontournable.

Nouveaux horizons mais vide impossible à combler ?

Aujourd’hui encore, aucun projet ne semble pouvoir rivaliser avec ce succès historique pour Netflix. Le service tente bien d’assurer sa relève grâce à des titres comme KPop Demon Hunters, mais il peine à retrouver cette magie originelle. Quant à l’univers de Hawkins, il s’apprête à perdurer via plusieurs spin-offs : une série animée intitulée Stranger Things: Tales From ’85’, censée se dérouler entre les saisons 2 et 3, ainsi qu’un possible projet centré sur Hopper et Joyce dans leur nouvelle vie. Preuve s’il en fallait que personne n’avait anticipé un tel destin pour une série longtemps vue… comme condamnée d’avance.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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