Acouphènes : les personnes en souffrant sont moins attentives et aiment moins la musique
C'est le résultat d'une étude menée par plusieurs hôpitaux français, et révélée par franceinfo.
Il s’agit d’un essai clinique mené sur près de 300 personnes, la moitié souffrant d’acouphènes.
Pour rappel, les acouphènes sont bourdonnements ou sifflements perçus dans une ou deux oreilles.
Pour une meilleure compréhension du mécanisme
Dévoilé par franceinfo, l’essai nommé Audicog a été mené par deux hôpitaux de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (l’hôpital européen Georges-Pompidou et la Pitié-Salpêtrière), et l’Institut du cerveau et l’université de Lille.
Près de 300 personnes étaient concernées, dont la moitié souffrait de ces bruits qui peuvent littéralement pourrir la vie quotidienne chez 1 à 2% des personnes en souffrant (15% à 20% des Français se disent concernés). Le but était de mieux comprendre leurs rouages.
Les résultats de l’essai clinique
Ainsi, cette étude conclut au fait qu’attention et vigilance sont réduites parmi les personnes touchées par les acouphènes. Alain Londero, médecin ORL à l’hôpital européen Georges-Pompidou, explique que « Si j’ai un acouphène, mon attention sera sur l’acouphène et il n’y aura plus assez de ressource pour aller s’occuper de ce qui peut être menaçant à l’extérieur ».
Et il ajoute :« Cela laisse la porte ouverte à des thérapies qui seraient ciblées sur ce dysfonctionnement spécifique, on pourrait faire des techniques de rééducation attentionnelle, on pourrait rééduquer en faisant de la musicothérapie ».
La musique, un ressenti désagréable
Et le spécialiste de relever que « Le plaisir qu’il ressentait auparavant à la musique est moins important. Ce que nous disent les patients, c’est que depuis qu’ils ont leur acouphène, ils ont du mal à aller à un concert ».
Cette étude vient souligner l’intérêt d’une prise en compte des aspects cognitifs et socio-émotionnels pendant la prise en charge du patient. Séverine Samson, professeure de neuropsychologie à l’université de Lille, abonde : « Il y a un ensemble de facteurs confondants qui viennent brouiller les pistes. On sait que ces personnes ont une hypersensibilité au bruit, presque toujours associée à une perte auditive. On sait que ces personnes ont des difficultés de sommeil, sont très irritables ».