À l’épreuve des balles : le buddy movie qui vire au fiasco

Sorti il y a 30 ans, Bulletproof réunit Adam Sandler et Damon Wayans. Malgré son casting, ce buddy movie a raté l’essentiel.

À l'épreuve des balles
Image d'illustration. À l'épreuve des balles — Universal Pictures / PR-ADN

En bref

  • Adam Sandler et Damon Wayans devaient porter cette comédie policière, mais le courant ne passe pas.
  • L’humour et la mise en scène peinent à convaincre.
  • À l’épreuve des balles se solde par un échec critique et financier.

Trente ans après sa sortie, À l’épreuve des balles reste surtout le souvenir d’une occasion ratée. Réunir Adam Sandler et Damon Wayans dans un buddy movie paraissait solide sur le papier. À l’écran, ça coince presque tout de suite. Et c’est bien ça qui fait encore parler du film aujourd’hui.

Un duo qui devait marcher sur le papier

Dans À l’épreuve des balles, Adam Sandler joue Archie Moses, voleur de voitures lié au trafiquant Frank Colton, incarné par James Caan. Son meilleur ami, Rock Keats, campé par Damon Wayans, est en réalité le détective infiltré Jack Carter. Lors d’une opération qui dérape, Archie Moses tire accidentellement sur lui.

Plus tard, Jack Carter doit escorter Archie Moses à travers le pays pour qu’il témoigne contre Frank Colton. Le point de départ avait ce qu’il faut pour une comédie policière tendue, nerveuse, avec deux anciens amis forcés de voyager ensemble. Bref, la base était là.

Le vrai problème, c’est l’absence d’alchimie

Le film se rate surtout sur ce qu’on attend le plus de ce genre de tandem, la chimie. Damon Wayans, pourtant reconnu pour son sens comique, paraît souvent mal à l’aise face à Adam Sandler. Le duo ne trouve jamais le bon rythme, ni dans les vannes, ni dans les scènes plus tendues.

Le scénario signé Joe Gayton et Lewis Colick n’aide pas. L’un des gags les plus cités repose sur Adam Sandler, menotté à Damon Wayans, qui veut aller aux toilettes avant de finir couvert d’urine quand la chaîne est tirée. C’est le niveau d’humour proposé, et clairement, ça ne sauve rien.

Même le réalisateur voulait tourner la page

Le réalisateur Ernest R. Dickerson n’était pas forcément le choix le plus naturel pour ce registre. Avant ça, il avait signé Juice, puis Surviving the Game, et aussi Tales from the Crypt Presents: Demon Knight. Des films bien plus proches du thriller, de l’action ou de l’horreur que d’une comédie de potes.

Des années plus tard, Ernest R. Dickerson a d’ailleurs confié à DVDTalk qu’il aimerait « effacer toute cette expérience ». Quand le réalisateur lui-même parle de son film comme ça, l’ambiance est posée.

Un flop critique et commercial resté dans les mauvais souvenirs

L’accueil a suivi la même pente. À l’épreuve des balles n’a rapporté que 21,6 millions de dollars pour un budget estimé à 25 millions de dollars. Ce n’est pas le plus gros échec d’Adam Sandler, ce statut revient à Little Nicky, avec 58,3 millions de dollars de recettes pour un budget de 85 millions de dollars. Mais on n’en est pas loin.

Côté critiques, le film a été jugé absurde, peu drôle, et Keith Simanton de Film.com l’avait même qualifié d’homophobe via l’agrégateur Rotten Tomatoes. Avec le recul, ce n’est pas juste un faux pas dans la carrière de Adam Sandler. C’est un rappel assez brutal qu’il savait déjà rater très fort bien avant l’époque Netflix.

Jordan Servan

Spécialiste Divertissement

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