Nord : un élu demande la suppression du RSA pour les allocataires qui refusent deux offres d’emploi
Le coût du dispositif RSA est estimé à 300 millions d’euros dans le département du Nord.
Les bénéficiaires du RSA du département du Nord vont-ils devoir traverser la rue pour trouver un emploi au risque de perdre leur allocation ? C’est en tout cas le projet porté par Jean-René Lecerf (Divers droite) le président du département du Nord qui réfléchit à suspendre le revenu de solidarité active chez les personnes qui refuseraient deux offres d’emploi. Selon l’élu, 10 000 allocataires ne chercheraient pas à retrouver du travail dans le département.
Deux offres « dans ses compétences »
Ce sont nos confrères de France Bleu Nord qui ont recueilli les confessions de Jean-René Lecerf. Le projet prévoit la suppression du RSA dès qu’un « allocataire aura refusé au moins deux offres d’emploi dans son lieu de domiciliation et dans ses compétences. »
Le même élu qui a indiqué à France 3 Hauts-de-France que « c’est une vérité que certaines personnes ne veulent pas travailler » et que certains allocataires « touchent le RSA et travaillent au noir à côté. »
Toujours selon Jean-René Lecerf, de nombreux allocataires s’inscriraient à Pôle Emploi dans le seul but de bénéficier de l’allocation sans démarche d’insertion par l’emploi.
Dès 2019 ?
Jean-René Lecerf estime qu’un peu plus de 10 000 allocataires du RSA du département du nord « profiteraient » du système alors que de nombreux emplois sont vacants dans la région, notamment dans les secteurs de l’industrie automobile, la logistique, l’artisanat, l’agriculture. L’élu est en tout cas formel « on ne pourra pas traîner éternellement un boulet de 300 millions d’euros » que représente le dispositif RSA dans le département.
Le président du département du Nord aimerait que cette suspension du RSA conditionnée au refus d’offres d’emploi entre en vigueur dès 2019. À l’heure actuelle, sans faire signer de contrat d’engagement entre l’allocataire et le département, ce dernier n’a pas la possibilité de suspendre l’allocation pour ce motif, mais pour Jean-René Lecerf, une expérimentation permettrait de vérifier le bien-fondé d’une telle entreprise.
Dans le Haut-Rhin, le Conseil d’État a validé le conditionnement du RSA à des actions de bénévolats.